La poésie de la semaine

Écriture et littérature, Explorations

Vous vous souvenez de mon article Sauvons la poésie où j’exprimais ma peur que cet art s’éteigne à petit feu? Je suis de retour pour aborder ce sujet étant donné que la poésie est très présente dans ma vie dernièrement. Vous vous souvenez que je compose actuellement un recueil de poème sur la différence en tant que projet personnel à l’école, et bien, le travail de recherche est très demandant. Je me dois de lire le plus de recueil possible pour bien maîtriser la forme, surtout que je dois exploiter le plus de genres poétiques (alexandrins, sonnets, haïkus, etc.) possibles. Il faut dire que cette poésie est comme une bouffée d’air dans ma vie chargée, des strophes par-ci par-là, c’est tellement plus léger que des romans et des manuels. Étant donné que mes lectures m’éblouissent presque à chaque page, je me suis dit qu’il me fallait de les partager.

Tout d’abord, je lis Le cercle ouvert de Gilbert Langevin – il siège désormais parmi mes poètes favoris -, le recueil est suivi de trois autres ouvrages de l’auteur, tous aussi bon les uns que les autres ce qui donne un total assez volumineux, près de 200 pages. Sans que ses poèmes soient nécessairement la suite du prochain, ils s’emboîtent tous à merveille, avec fluidité. Le style imagé de l’auteur est remarquable, la subtilité de ces courts jets m’impressionne. Voici deux de mes passages préférés jusqu’à présent :

« Tu es déjà bien loin
de la passion promise

tu récoltes la disgrâce
et les fruits blessés
d’un temps sans délice
en espérant la venue
d’une ferveur en fleur»

«Les délices d’une infusion
le toit bouge légèrement
une cigarette respire
ce n’est plus l’heure de dormir
ce n’est plus comme avant
quand vivre on ne savait
ni pourquoi ni comment

aptitude lunaire ou détour d’âge»

Par la suite, j’explore aussi L’affaire de l’espèce humaine de Raymond Lévesque qui est de son côté beaucoup plus sombre. Le pessimisme me plait néanmoins, ayant moi-même tendance à écrire pour dénoncer. Évoquant le communisme, le soldat, la peur, la faim pour ne nommer que ceux-là, on découvre un portrait réaliste de la société et ce encore, avec grande beauté sans fioriture. On a même droit à une section traitant uniquement les États-Unis. Cependant, j’ai trouvé un peu répétitifs quelques passages. L’extrait que je tiens à vous présenter est le premier poème nommé Ce que je crois, qui démontre bien la cruauté de l’œuvre :

«Ce que je crois c’est que l’homme est un fléeau
habité par la haine
et l’esprit de destruction,
sans aucun respect pour la vie
et l’œuvre de la création.
La nature ne pouvant tolérer
de tels crimes
cherche à le détruire
et il se détruira».

Mon troisième titre entamé m’a été prêté par une amie. Il s’agit de L’homme rapaillé de Gaston Miron et je dois avouer que je suis tombée sous le charme. Le poème que je vais vous présenter, je n’ai pas pu m’empêcher de le relire des dizaines de fois avec à l’occasion, des larmes aux yeux (et souvent le réciter à voix haute à cause de sa musicalité). Gaston Miron est plus un romantique et il plane sur sa poésie une grande douceur. Il dégage aussi un sentiment de patriotisme envers ce Québec que nous partageons. C’est très intéressant et varié, vers la fin de l’ouvrage par exemple, on a droit à de longs textes sur la vie.

 «Je t’écris pour te dire que je t’aime

que mon cœur qui voyage tous les jours
– le cœur parti dans la dernière neige

le cœur parti dans les ciels d’hypnose
revient le soir comme une bête atteinte

Qu’es-tu devenue toi comme hier
moi j’ai noir éclaté dans la tête
j’ai froid dans la main
j’ai l’ennui comme un disque rengaine
j’ai peur d’aller seul de disparaître demain
sans ta vague à mon corps
sans ta voix de mousse humide
c’est ma vie que j’ai mal et ton absence

Le temps saigne
quand donc aurai-je de tes nouvelles
je t’écris pour te dire que je t’aime
que tout finira dans tes bras amarré
que je t’attends dans la saison de nous deux
qu’un jour mon cœur s’est perdu dans sa peine
que sans toi il ne reviendra plus»

Finalement, j’ai terminé Ni vu ni connu de Louise Desjardins, un petit trente page de poésie imagée parlant de l’enfance et de choses grises. C’est pour le caractère graphique que je me suis intéressée à celui-ci. C’était un joli recueil, tout en noir et blanc mais que j’oublierai probablement rapidement. Cependant il fait partie de la collection de poésie de La courte échelle et on m’a dit que cette collection était très prometteuse, donc je compte me ré-essayer de ce côté-là.

J’aurais tellement d’autres recueils à lire, mais je peux emprunter seulement 4 livres à ma bibliothèque et (oups!) j’en ai déjà 5 en ma possession. Vivianne, la bibliothécaire, m’ayant elle-même conseillé plusieurs œuvres m’a permis cette petite exception, elle m’a été d’une aide précieuse. J’ai encore une riche liste de titre où m’aventurer, dont l’Exil mauve de Marc-André Brouillette. Reste plus qu’à trouver le temps!

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