Sur le journalisme, la religion des temps modernes

Réflexions

Je ne suis pas une philosophe, mais voici une petite réflexion sur le journalisme et la modernité.

«Le journalisme, vois-tu, c’est la religion des sociétés modernes», a dit un jour le grand Balzac. Combien de gens lisent le journal dès le réveil? Tenant pour compte ces feuilles de papier à un titre aussi important que la fameuse tasse de café pour accompagner le petit déjeuner. Sont-elles également nombreuses les personnes qui écoutent le bulletin de nouvelles télévisées pendant l’un ou l’autre des repas? Et ceux qui n’ont pas jeté un coup d’œil aux journalistes à l’écran, ont-ils réellement réussi à éviter les informations diffusées à la radio lorsqu’ils se rendaient au boulot?

Rappelez-vous, il y a quelques années maintenant, le soir avant de se coucher, le matin quand le soleil se levait, n’était-ce pas la Bible qui était la lecture par défaut? Le passe-temps du week-end désormais éradiqué, ne s’agissait-il pas de la messe? Cette messe qui nous apprenait la morale, qui ressassait des mots vieux de millénaires. Lors de l’apparition des nouveaux médias, la voix qui sort du haut-parleur pour la première fois, les images dans l’étrange boîte du démon, le divertissement était le principal but. Où sommes-nous rendus aujourd’hui?

Est-ce trop osé de dire que le téléphone cellulaire a remplacé le chapelet? Jadis, cette petite croix au cou nous suivait partout, mais de nos jours, qu’est-ce qui nous suit dans tous nos déplacements? Le gadget électronique, vital, qui donne un sentiment de sécurité, qui nous permet de rejoindre tout le monde plutôt que de rejoindre notre foi.

Est-ce trop fort aussi de dire que l’ère de la création s’éteint tranquillement? Dans le phénomène gargantuesque du blogging, n’est-t-il pas question de nos artistes qui se recyclent en journalistes? Les gens mangent de l’information, pas de l’art. Qu’apporte la lecture d’un roman à un individu : aucune connaissance ou presque. Ces artistes, victimes des mœurs et envies du peuple, deviennent des bénévoles à leur dépend de la propagation de l’actualité. C’est la seule façon de se faire réellement connaître, au fond, croient-ils.

La connaissance a été évoquée. Le problème est peut-être là. Chérissons-nous trop l’information par rapport à la connaissance? Il est immanquable que le kiosque journalier est plus populaire que la bibliothèque. Je connais peu de personnes qui se délectent d’encyclopédie, mais d’un bon fait divers, ça oui. Il faut se laisser une chance, nous sommes entourés d’éphémère, bernés même. La société de consommation nous pousse à évoluer constamment, mais surtout à tout jeter. Un article par-ci, une capsule par-là, on les efface de notre mémoire, ne servant plus à rien après la date d’expiration. Le savoir, quant à lui, est intemporel. Le savoir, lui, est démodé, par contre. Comme une poétesse l’a déjà écrit : partout, il est marqué ces dates de péremptions, ces «meilleur avant». À force de voir ces deux mots sur tout et n’importe quoi, on aurait tendance à croire, que oui, c’était meilleur avant, dans le temps de la jeunesse de nos parents. Dans le temps où il y avait encore des choses à découvrir, à inventer aussi. L’apprentissage était alors populaire à cause de son aspect dynamique, qui sait, si par hasard, nous aurions-pu révolutionner l’histoire avec nos créations et expérimentations? Il n’est pas seulement question de science, dans cette époque où le controversé n’est plus tant controversé, est-ce qu’un peintre peut changer l’histoire de la peinture avec une unique toile? Est-ce qu’une symphonie du 21e siècle peut bouleverser l’histoire de la musique? Je ne sais pas, sincèrement, je ne sais pas si je suis désabusée non plus, pardonnez-moi.

Qu’en dîtes-vous?

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