Vous avez dit haïkus ?

Écriture et littérature, Créations

Dans la situation dans laquelle je suis en ce moment – c’est-à-dire en grande difficulté  quant à l’écriture de textes consistants -, il ne faut pas baisser les bras. Quoi de mieux dans ce genre de cas que de mettre en valeur le peu qu’on parvienne à écrire?

Comme le titre l’annonce, il est question de haïkus. Cet art japonnais inventé par Masaoka Shiki  me charme depuis près d’un an maintenant grâce à ma découverte de l’auteur André Duhaime. Pour les novices, je vous rappelle qu’un haïku est une petite pièce de poésie composée de trois vers évoquant traditionnellement les saisons. Comme j’en parlais dans mon article sur les thèmes dans l’écriture, j’aime exploiter celui de la nature. De plus, le côté bref et spontané de la chose me permet d’en composer sans prise de tête contrairement à la prose que je repousse dernièrement.

Depuis novembre 2011, je tiens une guénizah de haïkus en ligne (pour ne pas tuer d’arbre en leur consacrant un cahier). D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, Tumblr m’a envoyé un message comme quoi mon site leur plaisait et qu’il l’afficherait éventuellement dans la section poésie, ce qui est valorisant. Je profite de ce billet pour également célébrer cette reconnaissance.

Bref, mon but ici est de vous présenter quelques-uns de mes haïkus composés au courant des mois précédents afin d’avoir vos commentaires et peut-être bien vous donnez envie d’en lire plus ou même encore, d’en écrire vous-même. Les voici :

AUTOMNE
Les arbres ne sont pas tristes
Eux comme moi avec toi
Sont mieux nus

Les flocons
Et leur ressac
Dans les flaques d’eau

HIVER
Les bancs de neige
Si haut
Qu’on ne peut s’y asseoir

La pluie de janvier
Qui pleure déjà
La nouvelle année?

PRINTEMPS
Le soleil
Les cernes
La nuit

Chère abeille,
Je ne suis pas une fleur
Alors que fais-tu?

ÉTÉ
Un bateau à vapeur
Transportant du riz
Quelle ironie

Des coureurs
Sous le soleil
Des lièvres

À nouveau, je vous invite à aller visiter ma guénizah de haïkus pour plus de poèmes. Néanmoins, je vous invite surtout à regarder par la fenêtre, apprécier ce que vous y verrez et composez trois petits vers, rien de trop compliqué. Avec de la chance, si c’est votre premier, ça ne sera pas le dernier puisque les haïkus, c’est facile et accessible à tout le monde. Le seul inconvénient considérable à cette forme de poésie, c’est la difficulté d’écrire son nom à l’ordinateur à cause des trémas ! 😉

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Enrichir son vocabulaire en lisant #2

Écriture et littérature, Créations

On reprend la même idée que la dernière fois  : apprivoisez les mots nouveaux qui ont croisé ma route en février (mieux vaut tard que jamais!) Depuis que j’ai découvert que mon application de dictionnaire hors-ligne sur mon téléphone offrait la possibilité de d’ajouter des mots dans nos favoris, je note avec enthousiasme les inconnus que je découvre dans mes livres. Pour aujourd’hui, je les mettrai en scène à travers un poème traitant de la rivalité entre le croyant et l’athée.

Salmigondis ophidienne

Lorsque le pharisien croise le bigot
Le pharisien juge le bigot
Et vice-versa, prenant leur plus belle tessiture
Ceux-ci vont avec aménité
Avec une fausse équanimité

De l’autre, chacun est la contre-culture
Qu’il soit carmélite ou monacal d’une autre façon
Qu’il soit d’un grand intellect ou d’un air moron
L’un critique le dernier par sa vétusté
Le second par son priapisme obnubilé

Brimant l’intimité des gynécées
Semant ses semances, ses scories, ses péchés
Fantôme des lupanars
Vivant de pantomimes
Destiné à l’abîme

Et puis, le maître de l’amphigouri
Dans le latin forme des congères
Entre lui et les hommes qui lui sont cher
Ses paroles bibliques, des turpitudes pour l’athée et son ouïe
Ses paroles bibliques qui hantent les cauchemars

Au final, lequel plénipotentiaire?
Lequel pusillanime?
Les deux probablement
Derrière l’outrecuidance, se camouflant
Mais personne n’est unanime

À en croire la si forte haine
Que ressent ces idiosyncrasies
Opposées par sacerdoces ennemies
Les deux finiront d’atroces géhennes
Côte à côte, en Enfer

Comme Pascal l’a dit
Et comme l’a confirmé Flaubert
L’homme est plus près de la bête que de l’ange idolâtré
Ils sont de simples phacochères
Nous ne sommes qu’errant dans la nuit.

Donc, voici un total de 24 mots versus 10 dans le premier article, j’y ai été un peu fort ce mois-ci haha! Combien en connaissiez vous parmi ceux-ci?

Aménité : Douceur accompagnée de politesse et de grâce.
Amphigouri : Écrit ou discours dont les phrases, contre l’intention de l’auteur, ne présentent que des idées sans suite et n’ont aucun sens raisonnable.
Bigot : Personne affichant une religiosité affectée.
Carmélite : Religieuse de l’ordre des carmes déchaux.
Congère : Amas de neige de plus ou moins grande ampleur qui se forme par l’action du vent.
Équanimité : Sentiment d’indifférence à l’égard de toute sensation ou évocation, agréable ou désagréable, dû à l’apaisement de l’esprit.
Géhenne : Souffrance physique ou morale atroce.
Gynécée : Appartement réservé aux femmes chez les Grecs.
Idiosyncrasie : Personnalité psychique individuelle.
Lupanar : Établissement où se pratique la prostitution.
Ophidien : Qui de la nature du serpent.
Outrecuidance : Confiance excessive en soir ; orgueil, présomption.
Pantomime : Art d’exprimer les passions, les sentiments, les idées par des gestes et par des attitudes, sans le secours de la parole.
Phacochère : Mammifère d’Afrique, voisin du sanglier, muni de deux défenses dirigées vers le haut.
Pharisien : Celui, celle qui, sûr de soi, juge de haut, avec orgueil et dureté, les actions ou les opinions des autres.
Plénipotentiaire : Qui peut tout.
Priapisme : Vif appétit sexuel, et par extension, grande excitation.
Pusillanime : Qui manque de courage, de caractère ; qui fuit les responsabilités.
Sacerdoce : Vocation.
Salmigondis : Personnes réunies au hasard.
Scorie : Produit des éruptions volcaniques, sorte de lave légère.
Tessiture : Tranche du registre la plus aisée d’une voix.
Turpitude : Ensemble d’actions honteuses, d’écrits ou de paroles ignobles.
Vétusté : Ancienneté. Se dit principalement en parlant des choses que le temps a fait dépérir, a détériorées.

Enrichir son vocabulaire en lisant

Écriture et littérature, Créations

J’ai beaucoup lu dernièrement et notamment des classiques, on peut nommer Shakespeare et Balzac. Ce que j’aime particulièrement de ces livres poussiéreux, c’est la richesse du vocabulaire de cette ancienne époque. Cependant, je ne cache pas qu’il m’arrive souvent que je dois cherché dans le dictionnaire. Ce qui est merveilleux, c’est qu’avec les téléphones, même sans internet, en un clic, on a une définition! Et j’ai découvert sur mon application de dictionnaire hors-ligne que l’on pouvait mettre des mots dans nos favoris! Si ce n’est pas fantastique la technologie. Je vous présente donc les mots que j’ai découvert en janvier à travers un texte, car il faut bien les amadouer ces petites bêtes!

«Le poète du coin aimait appeler l’endroit de sérail bien que personne ne comprit le mot. C’était une petite maisonnette qui semblait peu accueillante dans le froid de l’hiver, la cheminée crachait peu. On aurait cru que celui ou celle qui y vivait menait une vie d’ascète, mais non. En fait, même si la résidence était hiémale, il faisait toujours chaud à l’intérieur : l’amas de gens qui s’y trouvait muni seulement de leur chaleur humaine suffisait.

Le lieu était couru à cause d’une dame qu’on peut décrire de paraphernale. À son arrivée, on eût pensé que sa popularité n’aurait pas fait long feu, mais elle a atteint une certaine pérennité sans lueur de péroraison. Le clepsydre coulait sans fin.

À la base, les villageois étaient presque craintifs de ce cette étrangère. Il fallut que quelques-uns se sacrifient pour que les autres se diogénisent à leur tour. Maintenant, nul homme ne résistait à ces charmes et quiconque tentait de prétendre l’inverse avait l’air d’un histrion. Ah! l’homme et ses péchés! Résister à des saturnales? Il ne résistera jamais. L’homme et son plaisir, le nombril du monde. Heureusement, il y a des femmes qui s’adonnent à leurs vices. D’ailleurs, je vous ouvre ma porte.»

Voilà pour un total de 10 mots nouveaux pour janvier et un joli texte qui a été très agréable à écrire. 🙂

Et voici les définitions :

Ascète : Celui, celle qui mène une vie austère.
Clepsydre : Horloge qui indique la marche du temps par l’écoulement d’une certaine quantité d’eau.
Diogéniser : Rendre impudique.
Hiémal : Qui appartient à l’hiver.
Histrion : Mauvais comédien.
Paraphernal : Qualifie les biens de l’épuise qui n’ont pas été constitués en dont et dont elle conserve l’administration et la jouissance.
Pérennité : Caractère de ce dure toujours, ou très longtemps.
Péroraison : Conclusion d’un discours d’apparat, d’une harangue, d’un plaidoyer, d’un sermon.
Saturnales : Moment de licence, de désordre.
Sérail : Partie du palais où les femmes sont enfermées, harem.

Novembre et sa frénésie littéraire : c’est maintenant!

Écriture et littérature, Créations

On est en novembre et c’est le mois du NaNoWriMo, c’est le temps de l’année où l’on découvre qui sont les vrais courageux parmi nous. Je n’ai pas honte de dire que je fais ma lâche pour cette fois, je suis une habituée du camp d’avril, pas de l’officiel évènement. J’aurais des milliers d’autres excuses pour me défendre : le projet que j’ai en tête n’est pas prêt à être écrit tout de suite, j’ai beaucoup de travail pour l’école, un nouveau boulot, un petit-ami et une dette de sommeil assez effrayante. Cependant, j’ai trouvé une alternative pour ne pas être complètement lâche ce novembre-ci.

En surfant sur WordPress, voici sur quoi je suis tombée : le NaBloPoMo, soit le National Blog Posting Month. Je vous réfère aussi à ce site, WiseGeek, qui en parle.J’ai eu envie d’essayer étant donné que j’ai plusieurs plans d’articles qui traînent, puis ma raison m’a dit d’abandonner, que c’était de me surmener, puis j’ai vu ceci :

Featured image

Donc, malgré mon manque de temps (et d’énergie), je me suis dit que je pourrais malgré tout me lancer. C’est quand qu’on a un projet en tête, un défi, qu’on est le plus productif, non? Évidemment, j’ai déjà quelques jours de retard, mais de toute façon, mon objectif premier n’est pas de poster à tous les jours. En réalité, je veux seulement écrire le plus d’article possible, si il y en a trente au final, tant mieux! Sinon, ça ne m’importe peu. En fait, je veux participer à ce challenge pour avoir une réserve d’article pour Ressacar, car comme vous l’aurez remarqué, la constance ce n’est pas ma tasse de thé, à mon plus grand comble.

Au menu, je prévois surtout du culturel : des critiques de films, peut-être des livres pour faire changement, de la musique et des films. Je considère aussi à emmener des tranches de vies, des sujets d’actualité, des sélections d’image et ma poésie.

Bref, j’espère qu’en rendant public mon initiative, ça me motivera plus. Le NaBloPoMo n’a que des avantages : comme je risque de publier mes articles que tardivement, ça me laisse du temps pour de la révision, ça me pousse aussi à explorer d’autres avenues, etc. Je croise les doigts pour réussir à publier un peu et je vous invite à faire de même. En tout cas, bonne chance à tous, que ce soit pour le NaBloPoMo ou le NaNoWriMo !

Camp NaNoWriMo 2014 : Gagnante/survivante

Écriture et littérature, Créations

J’ai manqué le départ pour faire l’annonce de ma participation, j’ai aussi raté le quinze pour vous donner mon rapport sur la moitié du chemin. Mieux vaut tard que jamais : en direct de la ligne d’arrivée (ou presque, j’ai terminé le 26), je vous parle de ce projet qui a captivé tout mes temps libres ce mois-ci.

Le titre? Les lettres qui dansent. Le synopsis initial? «Un jeune homme reçoit des lettres d’un inconnu de manière récurrente : ce dernier lui propose d’ouvrir ses horizons, de penser autrement. Par le biais de visions psychédéliques causées par ce mystérieux correspondant, notre personnage principal vivra une désillusion par rapport à la société d’aujourd’hui de façon a entraîné plusieurs bouleversements chez lui». Malgré le fait que je n’avais rien planifié d’avance – non je n’ai pas retenu de leçon de l’an dernier -,  j’ai réussi à diriger mon histoire dans la voie où je l’avais imaginé au début. Notre personnage principal, un jeune étudiant montréalais, se nomme Bastien Cartier. Dans ce récit à la première personne, il nous narre son évolution «spirituelle» pourrait-on dire à travers ses rencontres et surtout ses expérimentations dans le domaine des drogues. En biais, on suit l’échange de missives entre celui-ci et Conrad Max,  l’émulateur de tous ces changements.

Par ce simple paragraphe, j’explique bien le titre. Les lettres ont une place significative dans le déroulement des événements et il arrive fréquemment que les mots s’embrouillent et se libèrent du papier. En gros, ça résume une bonne partie de ma motivation vis-à-vis LLQD : j’avais envie de me lancer dans l’épistolaire et à la fois de me permettre une écriture très libertine, cela étant possible ici grâce au côté déjanté du correspondant de Bastien et des hallucinations parfois sans dessus dessous.

Ce n’est pas tout, j’ai pu aborder plusieurs sujets qui me tiennent à coeur. J’ai pu parler d’art et d’amour ainsi que de choses moins roses comme la standardisation, la mondialisation et l’urbanisation. À la base, je voulais consacrer mon 50 000 mots à la dénonciation de ce qui ne me plait pas dans la société actuelle, mais c’est une tâche plus difficile que je ne l’aurais cru. Donc, je laisse le peaufinage à plus tard en ce qui concerne cet aspect. Pour l’instant, je profite de ma paix intérieure et de ma fierté.

Certains de mes amis diront que je n’ai pas à me sentir si fière que ça, pour nombre d’entre eux mon roman parait comme un ramassis de phrases incohérentes et illogiques. Ces commentaires auraient pu me saper le moral, mais je les ai pris en riant. Il faut que je leur concède avec des passages de la sortes :

«Moi qui n’est pas baptisé, j’accueille Moïse en plein juin. C’est à ce moment que je parviens à me lever : je ressens le besoin de chercher des apéritifs pour notre invité d’honneur, mais l’orgie m’assomme, me ligote et malheur… Moïse s’y joint! Ce n’est pas très catholique tout ça, ça doit être le Moïse des juifs. Après que la peur me desserre la gorge, je me mets à rigoler de la scène devant moi. Mon rire est sinueux et contagieux. J’entends des chuchotements en jargon scientifique, mais je saisis bien quelques brèves lignes «Vaccin… contre… ce clown… abdos trop bruyants et puissants… épidémie…» . Je suis libre des cordes du sexe mural et j’effleure le plafond. Sauf que le plancher est plus confortable, on s’embrasse, je l’appelle ma muse. Je hurle qu’il est ma muse parce que je ne comprends pas ce qu’il répond».

Reste que le plus dur pour moi, ce ne fût pas l’avis des autres, mais le manque de temps. Avec 1001 travaux à remettre, mes objectifs de course (que j’ai cruellement mis de côté même si je participe au Color Me Rad le 18 mai) et mon semblant de vie sociale, si je ne m’avais pas transformé en Superwoman, je n’aurais jamais vu le bout. Sans parler qu’au début de la seconde semaine, je me suis tapé un retard de 4000 mots ce qui n’est pas tant mais bien assez pour me stresser pendant un bon moment. Je crois que cette année fût décidément l’année où j’ai été le plus ravie que les congés de Pâques arrivent! Heureusement que j’ai pu m’y reposer puisque lorsque l’on est en manque de sommeil constamment, la motivation déserte rapidement. Pourtant, j’ai fais de mon mieux pour traquer mes réussites en regroupant dans un fichier le meilleur de ce que j’écrivais quotiennement. J’ai même acheter le logiciel Write Or Die pour cesser de procrastiner. Reste que la chasse à la motivation a été très ardue durant tout le mois, ce n’est qu’au cap des 40 000 mots que j’ai attrapé ma proie.

Pour conclure, cette deuxième participation au camp NaNoWriMo d’avril fût aussi enrichissante qu’En 2013. C’était la première fois que je socialisais avec une cabine notamment ce qui s’est avéré agréable.  Tandis qu’à la première occasion, j’étais exaltée, au comble du bonheur, lorsque j’ai tapé «La fin» à mon jet, cette année ce fût un gros soupir de soulagement que je n’ai pu retenir après avoir atteint mon objectif. J’ai survécu, j’ai gagné avec 50 055 mots!

En résumé, si Les lettres qui dansent voit la lumière un jour, attendez vous à un roman épistolaire où se mêle psychédélisme et critique de société dans un décor québécois!

On se prend en main!

Écriture et littérature, Créations

J’orne fièrement mon blog du badge du camp NaNoWriMo depuis mars 2013. À chaque fois que je le regardais, je souriais, jusqu’à temps que je remarquer que cet insigne avait pris beaucoup trop la poussière à mon goût.

Le patient idéal, tel est le titre de ce projet à la dérive, est imprimé, 94 jolies pages, depuis plus de 6 mois. La pile modestement volumineuse est belle à priori, mais le contenu est loin de l’être. La preuve flagrante est la suivante : hier, j’ai tenté d’expliquer à une bonne amie mon histoire pour qu’elle m’éclaircisse sur quel chemin emprunter avec celle , mais je ne suis même pas parvenue à la résumer, c’est beaucoup trop confus.

C’était le risque à prendre, la confusion, c’est souvent le cas lorsqu’on se lance sans réfléchir et sans planifier dans une ébauche de roman, vivant au jour le jour. Surtout lorsque c’est la première fois qu’on s’essaie à ce genre d’aventure. Puis, mélanger l’hypnose à la magie noire, avec un tas de personnage, ça devient évidemment complexe, c’était inévitable.

À la base, Le patient idéal devait relater le quotidien du docteure Pénéloppe Fenmen (je ne sais toujours pas comment écrire son prénom), une hypnothérapeute. Emballée par cette profession, je voulais la faire découvrir aux autres. Je m’imaginais que cette jeune femme rencontrerait un patient en apparence idéal, charmeur et mystérieux qui l’emmènerait vers je ne sais trop quoi, je vous rappelle que j’y allais free-style. Pour combler le vide et mettre du suspens, j’ai ajouté des personnages pour que le lecteur ait à deviner qui est ce soit disant patient idéal. Cette décision n’était peut-être pas la meilleure : il s’avère que maintenant j’en ai trop. Je devrais surement en enlever, mais je m’y suis attachée.

Voilà un de mes principaux problèmes, l’un des plus importants est que ma trame d’arrière fond est incompréhensible. J’ai voulu mettre des flash-backs ça et là pour créer une ambiance intrigante, mais j’ai saisi qu’excepté moi-même – et encore là, ça peut être drôle – personne ne saisira. Cependant, ce passé, j’y suis attachée également et il représente le fil conducteur de l’histoire. C’est là que j’ai frappé un mur, un dilemme, je n’aime pas les dilemmes. Je devais choisir entre mettre à l’avant ce passé sombre où il est notamment question de magie noire et de vengeance ou de focusser sur mon plan de départ, soit sur le quotidien de notre hypnothérapeute et les limites de l’hypnose en quelque sorte.

Chacun comportait de nombreux compromis. J’ai finalement opté pour l’option vengeance dans la jeunesse de mes personnages, sauf que ma bonne amie à qui j’ai finalement réussi, de peine et de misère, à expliquer la situation, elle, m’a plutôt conseillé de choisir les limites de l’hypnose. Je la comprenais «les limites de l’hypnose», ça sonne bien, non? Malgré cette réaction compréhensive de ma part, je n’entendais pas là ce que j’aurais voulu entendre. Je me retrouvais un peu stressée par l’idée étant donné que, même si j’ai fais beaucoup de recherche à ce sujet, je ne suis pas une experte incontestée de ce domaine et aussi, je devais trouver des nouvelles motivations à toute l’histoire.

Tout cela pour dire que franchement, j’étais en train de virer folle, c’est toujours l’effet des dilemmes sur moi. Mon amie, voyant ma santé d’esprit se désintégrer tranquillement, m’a suggéré une nouvelle chose : mélanger les deux prémisses contradictoires de mon dilemme. Je lui ai concédé qu’elle tenait probablement la solution.

Donc maintenant, je suis prête à mettre beaucoup d’efforts là-dessus, je vais en avoir besoin. Je vais devoir écrire beaucoup de scènes supplémentaires pour rendre possible la compréhension, supprimer beaucoup de passage pour bien me prêter au jeu de l’édition d’un premier jet et aussi ré-arranger l’ordre entièrement. J’ai la sensation que tout doit être parfait pour que mon manuscrit soit potable, digne d’être montré à quelqu’un, néanmoins je sais qu’il ne le sera pas après cette version 7.1. Reste que cela ne m’effraie pas trop, je suis consciente qu’en réalité, mon plus gros défi sera d’entretenir une motivation constante.  J’imagine que je vais en reparler par ici sous peu!

Pour l’instant, comme l’illustre cette photo : let’s start editing (it the cat wants to)!

Let's start editing (if the cat want to) #writing #amediting #cat

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Sauvons la poésie

Écriture et littérature, Créations

J’aime beaucoup de choses que les gens n’aiment pas. Alors que la plupart des adolescent végètent sur Facebook, je lis des classiques  – la plupart de mes confrères n’en saisiraient pas un traître mot. Tandis que ceux-ci se plaigne de l’école, j’étudie volontairement des sujets méconnus de la plupart des gens. Pendant que ceux de mon âge socialisent et font la fête, souvent je reste seule et j’écris.J’écris de tout, de la critique d’un film à un ébauche de manuscrit en passant (régulièrement) par la poésie.

La poésie joue pour moi le rôle d’un amant. J’adore composer des poèmes probablement plus que j’apprécie composer les autres formes de textes. J’ai les rimes dans le sang, j’écris avec musicalité sans le remarquer. Je décrie souvent ma prose, la jugeant inutile et futile. «Je dois cesser de perdre mon temps avec des vers, cela ne m’apporte pas de mérite, allez, va écrire un roman, c’est plus demandant», tels sont les mots qui me trottent fréquemment dans la tête. Ceci n’est pas la manière de pensée de tout le monde, mais il ne faut pas se le cacher : la plupart des gens ne voient pas la poésie à sa juste valeur.

Ce n’est pas qu’on sous-estime ce genre qui me dérange tant, on sous-estime aussi les biographies et les essais. Sauf que les essais et les biographies, il y en aura toujours tandis que la poésie semble s’éteindre à petit feu. On peut nommer une panoplie d’auteur qui vivent de leur plume, King, Tolkien, Collins, etc. mais combien de poètes peuvent vivre de leurs vers aujourd’hui (en considérant exclu ici le domaine musical)?

Et puis , visitez ces avides lecteurs à la bibliothèque gargantuesque. Sur la tonne d’ouvrage emmagasinée sur ses tablettes, combien sont des recueils de poésie? Très peu. Il y a probablement quelques exemplaires de Baudelaire pour impressionner la galerie, mais pas grand chose de contemporain.

Je ne fais pas exception à ce phénomène. Hier, j’ai acheté le recueil de poèmes de Marc Arseneau, À l’Antennes des oracles, et j’ai constaté que c’était uniquement le second à joindre mes étagères (le premier étant Les crimes du hasard de Stéphane Despatie). Voilà pourquoi j’ai décidé que désormais, j’allais investir dans ces petits recueils de merveilles.

La poésie a ses bienfaits : elle est inspirante. Un roman peut être bourré de clichés, alors qu’un poème, très rarement. Celui-ci s’avère plutôt fréquemment d’une immense créativité. C’est une bonne raison pour ne pas laisser ce genre mourir. Encourageons les poètes, qu’ils soient de notre entourage ou de l’autre bout du monde, ces artistes méritent notre support au même titre que les écrivains traditionnels.

Je vous laisse sur quelques vers que j’ai écrit il y a un moment, mais qui se prête bien au sujet actuel.

L’autre jour, on cogne à ma porte
Et on s’exclame «La poésie est morte!
Ce matin, elle a été guillotiné,
Sur la place du marché!»
Aussitôt ma porte ouverte, désir de la refermer
Je ne voulais pas entendre et encore moins croire
Parce que d’expérience mais également d’espoir
Je prétendais, non savais, cet arme de grand pouvoir

.
Le poète s’invente parfois des maux
Se barricade dans des tours sans escalier ou échafaud
Tel est sa besogne d’âme torturée
Qui nécessite moins de vives que de son encrier
De vrais mœurs apparaissent de temps en temps
Dans la vie des artistes d’aujourd’hui et d’antan
Il est triste de dépérir quand son oeuvre est à son firmament

.
Les plumes voleraient au vent?
Plutôt que de valser au-dessous des auvents?
Les hommes inspirés, plus que des mendiants?
La poésie tuée, de la poussière, du néant
Non, c’est impossible qu’on l’est laissé partir
Que tout un peuple cesse d’écrire
On peut retirer du marché les lecteurs
Mais comment osez-vous tuer les auteurs?

Exercices de style

Écriture et littérature, Créations

dictionnary santa

Ou j’ai failli appeler cet article «Mon allié, le dictionnaire», mais je trouvais que ça sonnait beaucoup trop intello. Quoique je suis une intello, la preuve incontestable : j’étais excitée à l’idée de consulter les encyclopédies de mon père hier soir.  Pour ma défense, ses encyclopédies sont toutes reliées en cuir, c’est tellement agréable à l’oeil comme au toucher… Je me cale, je me tais, l’encyclopédie n’étant pas ici le sujet principal, je retourne à mon dictionnaire. En quoi peut-il être mon allié?

Outre son usage grammatical, cette bible de la langue française peut être utile d’autres façons. Il est une source intarissable pour développer son vocabulaire. Presque chaque enfant a déjà décidé de lire le dictionnaire (la majorité n’auront sûrement même pas atteint le mot abeille), sauf que je crois qu’on peut s’entendre sur le fait qu’à moins d’être un dieu de la mémorisation, ce n’est pas la solution numéro un pour apprendre de nouveaux termes.

Quand je cherche la définition d’un mot, je vais directement sur le site de Larousse.fr  ou encore, je vais sur mon application de Dictionnaire hors-ligne sur Android (laissez-moi vous dire que je le consulte très souvent et que je vous conseille de le télécharger à l’instant). La version papier me sert en deux occasions : en classe ou pour mes exercices de style. Plusieurs sites offrent de découvrir un mot par jour, notamment LeMotDuJour, mais je préfère ma méthode old-fashion.

J’ouvre à une page au hasard et je la survole du regard à la recherche de ma victime.  Parfois, certains termes ne se prêtent pas au jeu, par exemple, la choane qui est, selon le Larousse 2013, «Orifice postérieur d’une fosse nasale, qui la fait communiquer par la partie supérieure du pharynx». D’autres mots seront par contre très intéressant comme le verbe chinoiser qui signifie «Discuter sur des détails ; ergoter».

La dernière fois que j’ai fait cet exercice, ce fût autour du thème de l’électrotropisme, c’est-à-dire, l’étude du comportement animalier en présence de champ magnétique. J’ai pondu un texte d’environs 200 mots (soit une page d’un petit carnet) que je vous partage à l’instant :

«Petite escapade dans la jungle, retour aux sources, retour aux folies. Les lémurs sautent de branches en branches, les serpents sinuent de tronc en tronc. La musique amazonienne régit le rythme du jour devenant la nuit. Les yeux s’éliminent comme des phares quand le soleil se couche et le noir se lève. Je dois être une chauve-souris, je me transforme encore en bête. Me voilà enfin réellement le coeur en fête. Je vole ou je danse puis avec la cadence ou la décadence, tu me rejoins. L’heure est à être proche et non à être loin. Tu n’as pas de couronne, mais tu es mon Roi de la jungle, tu contrôles mon esprit sans sceptre. Pourtant, tu ne me parles, ni ne me touches. Tu agis comme un champ magnétique, ta présence seulement me fait dérailler. Je sais que tu manigances, mais je suis déjà prise dans les filets de l’électrotropisme, donc je ne m’en soucis plus. Je suis ton sujet et je me sens en vie».

Je vous encourage à écrire à votre tour sur ce mot ou un autre, que ce soit un texte beaucoup plus long ou beaucoup plus court. Pourquoi pas un poème sinon? Partagez moi vos exercices, je serais ravie de les lire! 🙂

Je suis une survivante!

Écriture et littérature, Créations

Un bandage au poignet, un sourire un visage, presque des larmes aux joues, je viens déclarer ma victoire! J’ai réussi le camp NaNoWriMo avec Le patient idéal et ses 50 035 mots!

J’ai passé les derniers 4 000 mots à écrire en tremblant. Je n’en reviens toujours pas d’être parvenue à écrire tout ça, moi, jeune petit poète à ses heures perdues qui a eu un coup de tête au début du mois. C’est comme réaliser une partie de mon rêve, celui de publier un roman un jour, parce que j’avais perdu foi en moi, je me disais que je n’allais jamais réussir à écrire une histoire de A à Z. Ce mois-ci, j’ai fini un projet d’ampleur pour la première fois de ma vie, la première fois que je n’abandonne pas.

Je ne peux exprimer à quel point je suis présentement heureuse et fière malgré l’état de mes écrits : c’est-à-dire, de niveaux daubes. J’ai un dur travail de ré-écriture, de pleins de relectures et de corrections devant moi, mais pour l’instant, je savoure le moment présent, j’ai le goût de la réussite sur les lèvres.

J’aimerais crier au monde entier ma victoire, mais le monde entier s’en fout, mais je suis de si bonne humeur que je m’en fiche qu’ils s’en foutent.

Je crois que mon départ pour Washington lundi est bien mérité ;^)