La peur de l’infinité

Écriture et littérature, Réflexions

La vie comporte une infinité de possibilités. Dès notre naissance, la composition de notre ADN est une preuve qu’il y a énormément de combinaisons différentes pouvant former un petit être humain. Par la suite, le destin nous offre mille et un chemins nous forgeant encore là, tous un peu différemment les uns des autres. C’est ce qu’on appelle aussi la diversité, un phénomène décidément merveilleux.

Il est dommage que jamais nous ne rencontrions tous ces individus comportant chacun des richesses bien à eux. Tout le monde s’est déjà dit un jour ce genre de chose : je n’aurais jamais le temps de «insérer ici l’objet de vos désirs». Que ce soit de faire le tour de tous les continents, de regarder les meilleurs films de l’histoire du cinéma ou encore de lire tous les livres qui vous tentent, nous avons l’impression qu’on n’y parviendra jamais. Et dans certain cas, c’est vraiment le cas.

La diversité a de quoi de merveilleux comme je l’ai dit : elle brise la routine, elle enrichit la culture, etc. Cependant, cette infinité peut aussi sembler effrayante. En tant qu’artiste, en plus de craindre de ne pas pouvoir découvrir tous les plaisirs de la vie, j’ai peur de ne pas créer assez, en quelques sortes. Ces milliards d’individus peuplant notre planète sont intéressants oui, mais pensez à tous ses autres milliards qu’un auteur peut créer en tant que personnage dans son univers imaginaire. Toutes ces tonnes d’idées qui pourraient s’entremêler pour créer une œuvre remarquable. Les centaines de mots d’un court texte peuvent varier à l’infini, la couleur sur cette peinture pourrait être un peu plus pâle, un peu plus foncé ou même un peu plus rose. Comment choisir? Comment orienter nos priorités? Comment Rodin a-t-il su qu’il devait s’appliquer au Penseur plutôt qu’à une autre œuvre qui lui trottait dans la tête? Comment Léonard De Vinci a su que la Mona Lisa devait-être sa modèle?

Dans l’immédiat, je souffre de ma peur de l’infinité. Devrais-je écrire cette nouvelle de science-fiction qui me chicotte? Si oui, serait-elle plus agréable à lire sous forme de pièce de théâtre? Mon temps est précieux, devrais-je me concentrer sur mon recueil de poésie, qui me garantit peut-être un peu plus de succès? Et évidemment, comme à chaque fois qu’un artiste commence à avoir peur de créer, il ne fait que trembler, il ne crée plus du tout.

Sur le journalisme, la religion des temps modernes

Réflexions

Je ne suis pas une philosophe, mais voici une petite réflexion sur le journalisme et la modernité.

«Le journalisme, vois-tu, c’est la religion des sociétés modernes», a dit un jour le grand Balzac. Combien de gens lisent le journal dès le réveil? Tenant pour compte ces feuilles de papier à un titre aussi important que la fameuse tasse de café pour accompagner le petit déjeuner. Sont-elles également nombreuses les personnes qui écoutent le bulletin de nouvelles télévisées pendant l’un ou l’autre des repas? Et ceux qui n’ont pas jeté un coup d’œil aux journalistes à l’écran, ont-ils réellement réussi à éviter les informations diffusées à la radio lorsqu’ils se rendaient au boulot?

Rappelez-vous, il y a quelques années maintenant, le soir avant de se coucher, le matin quand le soleil se levait, n’était-ce pas la Bible qui était la lecture par défaut? Le passe-temps du week-end désormais éradiqué, ne s’agissait-il pas de la messe? Cette messe qui nous apprenait la morale, qui ressassait des mots vieux de millénaires. Lors de l’apparition des nouveaux médias, la voix qui sort du haut-parleur pour la première fois, les images dans l’étrange boîte du démon, le divertissement était le principal but. Où sommes-nous rendus aujourd’hui?

Est-ce trop osé de dire que le téléphone cellulaire a remplacé le chapelet? Jadis, cette petite croix au cou nous suivait partout, mais de nos jours, qu’est-ce qui nous suit dans tous nos déplacements? Le gadget électronique, vital, qui donne un sentiment de sécurité, qui nous permet de rejoindre tout le monde plutôt que de rejoindre notre foi.

Est-ce trop fort aussi de dire que l’ère de la création s’éteint tranquillement? Dans le phénomène gargantuesque du blogging, n’est-t-il pas question de nos artistes qui se recyclent en journalistes? Les gens mangent de l’information, pas de l’art. Qu’apporte la lecture d’un roman à un individu : aucune connaissance ou presque. Ces artistes, victimes des mœurs et envies du peuple, deviennent des bénévoles à leur dépend de la propagation de l’actualité. C’est la seule façon de se faire réellement connaître, au fond, croient-ils.

La connaissance a été évoquée. Le problème est peut-être là. Chérissons-nous trop l’information par rapport à la connaissance? Il est immanquable que le kiosque journalier est plus populaire que la bibliothèque. Je connais peu de personnes qui se délectent d’encyclopédie, mais d’un bon fait divers, ça oui. Il faut se laisser une chance, nous sommes entourés d’éphémère, bernés même. La société de consommation nous pousse à évoluer constamment, mais surtout à tout jeter. Un article par-ci, une capsule par-là, on les efface de notre mémoire, ne servant plus à rien après la date d’expiration. Le savoir, quant à lui, est intemporel. Le savoir, lui, est démodé, par contre. Comme une poétesse l’a déjà écrit : partout, il est marqué ces dates de péremptions, ces «meilleur avant». À force de voir ces deux mots sur tout et n’importe quoi, on aurait tendance à croire, que oui, c’était meilleur avant, dans le temps de la jeunesse de nos parents. Dans le temps où il y avait encore des choses à découvrir, à inventer aussi. L’apprentissage était alors populaire à cause de son aspect dynamique, qui sait, si par hasard, nous aurions-pu révolutionner l’histoire avec nos créations et expérimentations? Il n’est pas seulement question de science, dans cette époque où le controversé n’est plus tant controversé, est-ce qu’un peintre peut changer l’histoire de la peinture avec une unique toile? Est-ce qu’une symphonie du 21e siècle peut bouleverser l’histoire de la musique? Je ne sais pas, sincèrement, je ne sais pas si je suis désabusée non plus, pardonnez-moi.

Qu’en dîtes-vous?

Notre chance d’avoir l’écriture

Écriture et littérature, Réflexions

Je venais tout juste de m’acheter un nouveau de tapis de yoga. Voilà pourquoi je lisais donc des blogs sur le yoga : parce que je suis extrêmement douée pour lire sur une activité plutôt que de la pratiquer. Cela va pour l’écriture, c’est bien plus intéressant regarder ce que les autres pensent de l’écriture et d’en parler plutôt que d’écrire en soi (ce n’est pas vrai, mais ainsi réfléchit beaucoup trop souvent mon cerveau). Au moins, aujourd’hui, cet article va satisfaire cette envie de parler d’écriture puisque tel est le sujet présenté.

En fait, le sujet peut se préciser ainsi : nous sommes extrêmement chanceux d’être en amour avec l’écriture.  Un sportif est aussi très chanceux d’être tombé sous le charme de sa discipline, mais ce n’est pas pareil. L’écriture est quelque chose de très libre et je n’apprends rien à personne en disant qu’elle permet de s’exprimer habilement. Le coureur peut courir, mais s’il aime inconditionnellement le tricot en plus d’adorer sa pratique, comment peut-il inclure ses deux passions l’une dans l’autre? Comment peut-il propager son amour du tricot en courant? Nous autres, auteurs, n’avons pas ce problème.

L’écriture ne se limite pas à des poèmes à l’eau de rose et à des romans de fiction. L’écriture peut aller n’importe où, vous êtes le guide. Votre futur roman peut mettre en vedette un personnage qui tricote si tel est votre désir et vous pouvez carrément écrire des articles sur le tricot sur votre blog. L’écriture est un médium qui peut directement ou indirectement rejoindre nos intérêts. Elle peut même nous aider à nous développer dans ses domaines. Puis, comme je le disais dans une conférence que j’ai donnée, dès que l’on écrit sur quelque chose qu’on aime, presque automatiquement, on aime l’écriture.

Cependant, cela ne s’arrête pas aux écrivains en herbe : chaque artiste est énormément chanceux. Bon, le comédien peut difficilement acter son amour du tricot, mais l’on comprend où je veux en venir. Un peintre peut passer une infinité de message à travers ses toiles, le sculpteur peut incorporer des éléments qui représentent ce qu’il affectionne, etc.

Bref, je lisais ces articles de yoga (notamment un qui parlait de yoga et de poésie) et je me disais : moi aussi, je pourrais en écrire, de la poésie sur le yoga. Après tout, je suis ici pour vous communiquer ce qui m’anime. Si vous n’aimez pas, vous passez votre tour simplement.

Tout cela pour dire qu’à cet instant présent, je suis très reconnaissante d’entretenir cette relation envers l’écriture parce qu’elle permet de rejoindre mille et un horizons qu’on n’aurait peut-être jamais rejoints autrement, parce qu’elle nous laisse vulgariser ce qui nous rend heureux, parce qu’elle devient ce qu’on aime tellement facilement.

La vie à deux sous l’objectif expérimental

Divers, Explorations

Fréquentation, relation «on se voit» et même fuckfriend, nombreux sont les termes qu’on peut utiliser de nos jours, d’ailleurs je m’y perds un peu. Si je vois un homme l’été, je dis que je le fréquente, l’hiver je dis qu’on est de bons amis, j’aimerais utiliser le terme amant, mais je trouve qu’il est trop poétique pour l’exposer à mon entourage. Drôle de façon, vous me direz, de varier avec les saisons, à l’automne, c’est souvent rendu mon copain et au printemps, y’a jamais rien.

Sauf que je ne viens pas vous parler de mes relations amoureuses, quoique je dois m’excuser : l’homme actuellement dans ma vie me distrait beaucoup de ce blog. En fait, je viens partager avec vous cet article appelé Experimental Relationship que j’ai trouvé sur Medium. Le titre m’interpellait et en allant voir le billet de plus près, j’ai découvert une nouvelle artiste : Yi Jun Liao.

YI Creating a world just for us
Pixy Yijun Liao est née en Chine, mais habite couramment à New York.  Elle est photographe et ses photos ont déjà été exposées dans plusieurs pays. Ces œuvres sont toujours vivantes et colorées, elle crée des pièces uniques.

Dans sa série Experimental Relationship, les deux modèles sont son petit-ami Moro et elle-même avec qui elle entretient une relation hors de l’ordinaire selon plusieurs. À la base, Pixy est chinoise et Moro est japonais, ces deux ethnies ont toujours eu de la rivalité entre eux, mais pour ces amoureux, qu’importe!

YI`Some words are just between you and me

Life is an experiment and so is the relationship. You never know what is going to happen.

3_er06_v2

YI How to build a relationship with layered meanings

Définitivement, Yi Jun Liao parvient à montrer d’autres facettes au concept de relation. J’aimerais avoir du talent pour la photographie (et surtout le matériel qui vient avec), mais je reste malgré moi une esclave des lettres.  Pour voir plus de créations de cette dernière, elles sont affichées à  cet endroit, sur ce site se retrouve notamment sa série Memphis, Tennessee et Stilss From Unseen Films.