La lecture sous un nouvel apparat

Écriture et littérature, Réflexions

À plusieurs reprises, j’ai vu sur dans mon actualité Wordpress des articles parlant des livres électroniques. Que ce soit des dilemmes en tant que lecteur ou des conseils pour les auteurs qui se tournent vers ce média, le sujet fait parler. Dernièrement, j’ai dû rédiger un essai à ce propos (bon, je ne suis pas une essayiste professionnelle non plus). Je crois que le partager pourrait être utile à quelques-uns d’entre vous qui sont intéressés à en savoir plus en profondeur là-dessus. Et ainsi, mes recherches n’auront pas été vaines. Bonne lecture!

«Depuis des lustres, l’écriture existe, passant du papyrus au roman moderne, elle est en perpétuelle évolution. La lecture faisant de même, évidemment. Aujourd’hui, les œuvres littéraires ont encore évolué, elles se sont rendues sur les écrans! Les liseuses, une innovation scientifique qui offre un changement niveau lecture, fait beaucoup parler dernièrement, ici, il sera sujet du développement de celle-ci en évoquant notions de santé visuelle, environnement, économie, culture et quelques autres problématiques lié au fonctionnement de ces livres électroniques.

Du niveau de la santé, la partie du corps le plus visé est sans surprise les yeux. À la base, la lecture, dût à ses petits caractères, peut entraîner une fatigue visuelle. Une fatigue visuelle est le phénomène qui rend la vision floue de loin dût à la difficulté d’ajustement du cristallin.  Sur un écran, c’est la même chose. Cela dépend en outre du type d’écran.  Il y a ceux avec  l’encre électronique où des milliers microbilles chargées positivement ou négativement (noir ou blanc) se positionnent grâce au courant électrique pour afficher une page, notamment dans les liseuses comme le Nook de Barnes & Nobles. La problématique est que plusieurs ne lisent pas nécessairement sur une liseuse de ce genre, mais bien une tablette quelconque comme celle de Samsung, Google ou la plus connue le iPad. Dotés d’un écran rétroéclairé, le confort de la vue est moindre. Dans l’article de Slate, «L’Ipad rend-il myope?» de Jeremy Singer-Vine, une étude sur les Inuits est examiné : «Dans les années 80 et 90, plusieurs études ont trouvé des liens entre la myopie et l’utilisation régulière d’un ordinateur, ou le fait de regarder la télé de trop près. Les populations ayant adopté ce genre de technologie sur le tard en apportent également la preuve: chez les Inuits, par exemple, les cas de myopie ont explosé après l’introduction de la télévision dans leurs foyers»[1]. Ensuite, à propos de l’utilisation d’une tablette la nuit, cela peut entraîner des insomnies. La directrice du centre du trouble du sommeil de l’Université de Californie a découvert que l’usage nocturne des tablettes ralentit la production de mélatonine, la mélatonine servant à réguler le rythme biologique de l’homme, ce qui pourrait dont entraîner des insomnies.

Du côté de l’environnement, on croit qu’avec la lecture électronique, on sauve des milliers d’arbre, ce qui est vrai. Cependant, est-ce que les livres traditionnels sécrètent du dioxyde de carbone lorsqu’on les lit? Négatif, tandis que le livre électronique demanderait 7.5kg de carbone de la conception au transport, selon le cabinet de consultants Cleantech[2]. Encore une fois, est-ce que nos livres format papier requièrent des minerais rares pour leur fabrication? Non. « Les produits technologiques nécessitent l’extraction de minerais précieux comme le coltan, le lithium ou les terres rares pour accroître la durée de vie des batteries, augmenter leur rapidité ou pousser la miniaturisation à l’extrême. Or l’exploitation minière est une cause majeure de déforestation, et plus généralement de destruction des écosystèmes»[3] déclare Sylvain Angerand, chargé de la campagne Forêt aux Amis de la Terre France. De plus, l’exploitation du coltan cause depuis des années des conflits géopolitiques en République démocratique du Congo ce qui pourrait entraîner des guerres.

«Nous pensons qu’aujourd’hui les conditions sont réunies pour que le marché explose»[4], annonce le Président de Virgin Megastore en France, Jean-Louis Raynard. Monsieur Raynard a son point de vue, mais il y a des pours et des contres quant à l’arrivée de cette technologie sur le marché. Dès le début, on décèle un monopole réparti sur trois entreprises soit Amazon, Kindle et Apple. Cela nuit aux  petites et moyennes entreprises, le cas des librairies indépendantes est inquiétant. Certaines d’entre eux ose passer à l’étape supérieur et donc de s’embarquer eux aussi dans la vente de livre électronique. C’est à ce moment que la question du prix est à poser. Le tarif comparé à la version papier est réduit, car le coût de la fabrication n’entre pas en compte. Heureusement, les livres électroniques sont protégés par la loi du prix unique à même titre que leurs confrères. Il reste à voir s’il y a assez de place sur le marché pour que ces deux univers cohabitent ensemble dans l’avenir.

Culturellement parlant, cette nouvelle apparition dans le domaine littéraire peut être très intéressante. Elle permet de découvrir des ouvrages méconnus et elle facile aussi la propagation d’œuvres. Pour les étudiants, cela peut beaucoup leur facilité la tâche avec l’accès qu’ils ont par le biais d’internet. Le projet Gutenberg est un excellente exemple, ce site web tente de regrouper le plus de livres gratuits dans plusieurs langues, ils en ont actuellement plus de 46 000.

Cependant, d’autres problèmes inquiètent les gens du métier. Auparavant, musique et film ont été dématérialisés par le web. La quantité de gens qui achètent ces produits semble diminuer.  On craint que les livres soient les prochaines victimes du téléchargement illégal. En 2011, le site Le MOTif, observatoire du livre et de l’écrit, déclarait : «Cette année, nous avons identifié entre 11 000 et 14 000 titres piratés dont 8 000 à 10 000 BD»[5].

Finalement, les derniers petits hics sur le sujet sont les troubles technologiques. Il est fréquent que le livre électronique soit enregistré sous un format qui ne convient pas à la liseuse de l’acheteur. C’est une situation plutôt agaçante que le consommateur ne peut pas toujours régler soi-même.

Pour résumer, le livre électronique est rempli de promesses pour la culture, l’économie et quelques aspects environnementaux. D’un autre point de vue, il est aussi problématique dans ces mêmes domaines en plus de la santé visuelle. Cependant, comme l’a dit la directrice des Éditions Zoé Caroline Coutau : «Il ne faut pas diaboliser le livre numérique»[6]. Il y a de quoi être mitigé sur le sujet – je le suis d’ailleurs -, mais je suis d’avis que cette nouvelle technologie mérite qu’on lui donne une chance.  Fascinée par la lecture depuis toute jeune, j’ai dévoré des tas de romans et j’ai une bibliothèque bien remplie. Je suis attachée à cette collection matérielle, mais le matérialisme est une doctrine à tranquillement laisser tomber. Je n’ai pas encore acheté de liseuse, mais leur utilisation offre un grand éventail de possibilités, comme surligner des passages sans abîmer des pages, partager des extraits avec ces amis. Sans parler qu’une fois la tablette, plus besoin de se déplacer pour acheter des livres…. Je reste inquiète pour mes yeux, étant déjà couramment victime de fatigue visuelle.

Pour contrer ce problème, une certaine ergonomie est nécessaire pour l’utilisation de ces technologies pour s’assurer une bonne santé visuelle, il est dit dans le livre montréalais Vos yeux de prendre 15 minutes de repos après deux heures de travail non continu à l’écran et 10 après chaque heure de travail continu[7], le travail étant ici représenté par la lecture.

Cependant, peut-être que la meilleure solution reste les bibliothèques, où on partage ces bons vieux livres de papier, même si il est désormais question de location de livre dans le domaine électronique également. Les livres-audio sont aussi une option.

Maintenant à vous de réfléchir, que pensez-vous de cette nouvelle innovation scientifique? Représente-t-elle l’avenir à vos yeux ou alors êtes-vous un lecteur romantique qui ne peut se détacher du format papier?

 

[1] SINGER-VINE, Jeremy, «L’iPad rend-il myope?», web, http://www.slate.fr/story/20027/ipad-ecrans-fatigue-visuelle-myopie.

[2] ANNABELLE, «Le livre papier vs le livre numérique : lequel est le plus écolo?», web, http://www.consoglobe.com/livre-papier-vs-livre-numerique-lequel-est-le-plus-ecolo-cg.

[3] LES AMIS DE LA TERRE, «Le livre électronique : mirage technologique, désastre écologique», web, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2331_livre_electronique_desastre_ecologique.php .

[4] MORANDINI, Jean-Marc, «Le livre électronique va exploser», vidéo web, http://www.youtube.com/watch?v=cx3FhBPXdJg.

[5] DAVAL, Mathias, «EbookZ – L’offre illégale de livres numériques», web, http://www.lemotif.fr.

[6] COUTAU CAROLINE, Zoé «Le livre numérique», entrevue.

[7] CHARTRAND, Marie & Micheline LEPAGE-DURAND, Vos yeux, page 78. »

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