Réviser son roman, comment rester motivé

Écriture et littérature, Réflexions

Le cégep recommençait le 25 janvier. De longues vacances à priori, les plus longues que j’ai eues depuis plusieurs années. Bon, vacances n’est peut-être pas le bon mot puisque j’ai travaillé presque tous ces jours. Sans rémunération en plus. C’est que je travaillais sur mon roman. S’entamait alors un grand combat contre la procrastination où le plus grand allié de l’auteur, la motivation, menaçait de fuir à tout moment…

À travers cette lutte pour la productivité, j’ai découvert cinq trucs pour ne pas perdre du terrain à l’adversaire.

1. Être matinal.

Pendant le NaNo, l’alarme sonnait parfois à 4h du matin pour écrire lorsque je savais que je n’avais pas de temps libre durant le jour. Pour ma révision, je me suis levée presque à tous les matins de mes vacances à 7h pour avancer mon manuscrit. J’aime donc prétendre que je suis une personne matinale qui est très productive aux alentours du levée du soleil. J’utilise prétendre, car c’est souvent faux. En réalité, ce que j’apprécie de l’acte de me réveiller plus tôt, c’est tout simplement que ça rajoute des heures à la plage horaire. Me lever à 7h m’a permise d’accomplir complètement mes tâches sans perdre la tête, puisque avec tout le temps supplémentaire, je pouvais me permettre des pauses. Des arrêts sont essentiels dans le processus de révision puisqu’il faut constamment réfléchir aux détails, on ne peut se permettre de manquer de concentration.

2. Se permettre d’avoir du plaisir.

Réviser un roman a de quoi de sérieux. Après tout, la phase créative est passée, c’est le temps d’être rationnel. Cependant, être constamment sérieux est loin d’être agréable. Pour être facilement motivé, il faut réussir à voir à travers le travail difficile les aspects amusants. Quelle est cette partie plaisante dans la révision d’un roman selon moi? Tout simplement les erreurs que l’on a commis dans le brouillon. Erreur peut rimer avec découragement. Cependant, ça me fait plutôt rire d’avoir écrit arbre au pluriel «arbrent».  «Je ne l’ai vu qu’une fois et vraiment très rarement» est une autre phrase que j’aime pas mal aussi. C’est certain que plusieurs cas de la sorte se cachent dans votre manuscrit.

3. Tenir un journal de bord.

Appliquer celui-là ne devrait pas être trop dur, parce que si vous révisez un roman, c’est parce que vous aimez écrire et c’est ce qu’on fait dans un journal. Le mien est format papier (joli, hein?) C’est en fait la continuité des notes que je prenais lors du premier jet. À chaque jour où je mets ma main à la pâte, j’écris une entrée. Nul besoin d’être aussi traditionnel que moi. Le journal de bord peut être un enregistrement vocal, un fichier Word, un blog ou votre compte Twitter. L’important est de ne pas tout garder à l’intérieur. Il faut avoir un endroit où on peut être irrationnel (dire qu’on est démotivé, qu’on a faim, qu’on déteste ce projet, etc.) tout en gardant  des comptes en marquant le nombre de pages retravaillés par session. En boni, c’est très cocasse à relire plus tard.

journal de bord licorne k

4. Mantra positif/méditation

Depuis quelques temps, je suis à fond dans les méditations guidées. Néanmoins, les séances les plus efficaces sont celles que je fais sans accompagnement audio, seule avec moi-même. À mes yeux, la durée idéale est 10 minutes. C’est juste assez pour être dans le mood sans s’éterniser. Habituellement, je pratique juste avant de me lancer dans mon roman. Je me récite ce mantra positif : «Je visualise le succès, j’ai la patience et le talent pour l’atteindre, car je suis un auteur et l’écriture est mon art». Peut-être la phrase est-elle trop longue pour vous, mais pour moi, elle fonctionne parfaitement, me la répéter me motive. Je l’ai prise sur cet article de Writersrelief qui propose d’autres affirmations dans le même genre. Libre à vous aussi de créer votre mantra personnalisée. Et si la méditation n’est pas votre truc, peut-être l’écrire plusieurs fois ou l’afficher visiblement fera l’affaire. Bref, c’est un truc à essayer parce qu’il n’y a rien à perdre avec les pensées positives.

5. Musique reliée

J’ai cru être assez forte pour travailler dans le silence. J’ai eu tort. Je croyais que la musique allait contaminer mon univers. J’ai également eu tort. Elle ne fait que l’enrichir. Et elle motive après tout. Pour ma part, je suis plutôt chanceuse à ce niveau. Mon histoire est inspirée de la Beat Generation, mouvement qui a contribué au jazz et à d’autres genre. J’ai pu trouvé des playlists qui était donc à l’essence même de mon inspiration. Je suis plutôt du genre rock et indie, alors l’inusité de la trame sonore m’a transportée ailleurs, à l’occurrence, dans mes mots. Donc, il est important d’avoir un accompagnement musical fidèle à notre monde imaginaire. Songza/Google Play Music est souvent considéré comme la référence, car le tout est compilé par des professionnels. Cependant, je trouve que 8tracks est encore plus riche avec l’aspect individuel et toujours différent des mix. De plus, la recherche me semble plus fonctionnelle sur ce site.  Le petit dernier que j’ai découvert est Bandcamp. L’endroit rassemble des groupes émergents qui permettent l’écoute de leurs morceaux gratuitement (avec possibilité d’achat, bien sûr, mais les titres ne deviennent jamais payants). Tous les styles s’y trouvent, la plateforme est idéale pour ceux qui cherchent des sons originaux.

J’espère que ces conseils vous seront utiles, même si ce n’est pas la recette miracle. N’hésitez pas à partager vos tactiques pour rester motivé afin d’enrichir l’article!

La peur de l’infinité

Écriture et littérature, Réflexions

La vie comporte une infinité de possibilités. Dès notre naissance, la composition de notre ADN est une preuve qu’il y a énormément de combinaisons différentes pouvant former un petit être humain. Par la suite, le destin nous offre mille et un chemins nous forgeant encore là, tous un peu différemment les uns des autres. C’est ce qu’on appelle aussi la diversité, un phénomène décidément merveilleux.

Il est dommage que jamais nous ne rencontrions tous ces individus comportant chacun des richesses bien à eux. Tout le monde s’est déjà dit un jour ce genre de chose : je n’aurais jamais le temps de «insérer ici l’objet de vos désirs». Que ce soit de faire le tour de tous les continents, de regarder les meilleurs films de l’histoire du cinéma ou encore de lire tous les livres qui vous tentent, nous avons l’impression qu’on n’y parviendra jamais. Et dans certain cas, c’est vraiment le cas.

La diversité a de quoi de merveilleux comme je l’ai dit : elle brise la routine, elle enrichit la culture, etc. Cependant, cette infinité peut aussi sembler effrayante. En tant qu’artiste, en plus de craindre de ne pas pouvoir découvrir tous les plaisirs de la vie, j’ai peur de ne pas créer assez, en quelques sortes. Ces milliards d’individus peuplant notre planète sont intéressants oui, mais pensez à tous ses autres milliards qu’un auteur peut créer en tant que personnage dans son univers imaginaire. Toutes ces tonnes d’idées qui pourraient s’entremêler pour créer une œuvre remarquable. Les centaines de mots d’un court texte peuvent varier à l’infini, la couleur sur cette peinture pourrait être un peu plus pâle, un peu plus foncé ou même un peu plus rose. Comment choisir? Comment orienter nos priorités? Comment Rodin a-t-il su qu’il devait s’appliquer au Penseur plutôt qu’à une autre œuvre qui lui trottait dans la tête? Comment Léonard De Vinci a su que la Mona Lisa devait-être sa modèle?

Dans l’immédiat, je souffre de ma peur de l’infinité. Devrais-je écrire cette nouvelle de science-fiction qui me chicotte? Si oui, serait-elle plus agréable à lire sous forme de pièce de théâtre? Mon temps est précieux, devrais-je me concentrer sur mon recueil de poésie, qui me garantit peut-être un peu plus de succès? Et évidemment, comme à chaque fois qu’un artiste commence à avoir peur de créer, il ne fait que trembler, il ne crée plus du tout.

Vous avez dit haïkus ?

Écriture et littérature, Créations

Dans la situation dans laquelle je suis en ce moment – c’est-à-dire en grande difficulté  quant à l’écriture de textes consistants -, il ne faut pas baisser les bras. Quoi de mieux dans ce genre de cas que de mettre en valeur le peu qu’on parvienne à écrire?

Comme le titre l’annonce, il est question de haïkus. Cet art japonnais inventé par Masaoka Shiki  me charme depuis près d’un an maintenant grâce à ma découverte de l’auteur André Duhaime. Pour les novices, je vous rappelle qu’un haïku est une petite pièce de poésie composée de trois vers évoquant traditionnellement les saisons. Comme j’en parlais dans mon article sur les thèmes dans l’écriture, j’aime exploiter celui de la nature. De plus, le côté bref et spontané de la chose me permet d’en composer sans prise de tête contrairement à la prose que je repousse dernièrement.

Depuis novembre 2011, je tiens une guénizah de haïkus en ligne (pour ne pas tuer d’arbre en leur consacrant un cahier). D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, Tumblr m’a envoyé un message comme quoi mon site leur plaisait et qu’il l’afficherait éventuellement dans la section poésie, ce qui est valorisant. Je profite de ce billet pour également célébrer cette reconnaissance.

Bref, mon but ici est de vous présenter quelques-uns de mes haïkus composés au courant des mois précédents afin d’avoir vos commentaires et peut-être bien vous donnez envie d’en lire plus ou même encore, d’en écrire vous-même. Les voici :

AUTOMNE
Les arbres ne sont pas tristes
Eux comme moi avec toi
Sont mieux nus

Les flocons
Et leur ressac
Dans les flaques d’eau

HIVER
Les bancs de neige
Si haut
Qu’on ne peut s’y asseoir

La pluie de janvier
Qui pleure déjà
La nouvelle année?

PRINTEMPS
Le soleil
Les cernes
La nuit

Chère abeille,
Je ne suis pas une fleur
Alors que fais-tu?

ÉTÉ
Un bateau à vapeur
Transportant du riz
Quelle ironie

Des coureurs
Sous le soleil
Des lièvres

À nouveau, je vous invite à aller visiter ma guénizah de haïkus pour plus de poèmes. Néanmoins, je vous invite surtout à regarder par la fenêtre, apprécier ce que vous y verrez et composez trois petits vers, rien de trop compliqué. Avec de la chance, si c’est votre premier, ça ne sera pas le dernier puisque les haïkus, c’est facile et accessible à tout le monde. Le seul inconvénient considérable à cette forme de poésie, c’est la difficulté d’écrire son nom à l’ordinateur à cause des trémas ! 😉

Notre chance d’avoir l’écriture

Écriture et littérature, Réflexions

Je venais tout juste de m’acheter un nouveau de tapis de yoga. Voilà pourquoi je lisais donc des blogs sur le yoga : parce que je suis extrêmement douée pour lire sur une activité plutôt que de la pratiquer. Cela va pour l’écriture, c’est bien plus intéressant regarder ce que les autres pensent de l’écriture et d’en parler plutôt que d’écrire en soi (ce n’est pas vrai, mais ainsi réfléchit beaucoup trop souvent mon cerveau). Au moins, aujourd’hui, cet article va satisfaire cette envie de parler d’écriture puisque tel est le sujet présenté.

En fait, le sujet peut se préciser ainsi : nous sommes extrêmement chanceux d’être en amour avec l’écriture.  Un sportif est aussi très chanceux d’être tombé sous le charme de sa discipline, mais ce n’est pas pareil. L’écriture est quelque chose de très libre et je n’apprends rien à personne en disant qu’elle permet de s’exprimer habilement. Le coureur peut courir, mais s’il aime inconditionnellement le tricot en plus d’adorer sa pratique, comment peut-il inclure ses deux passions l’une dans l’autre? Comment peut-il propager son amour du tricot en courant? Nous autres, auteurs, n’avons pas ce problème.

L’écriture ne se limite pas à des poèmes à l’eau de rose et à des romans de fiction. L’écriture peut aller n’importe où, vous êtes le guide. Votre futur roman peut mettre en vedette un personnage qui tricote si tel est votre désir et vous pouvez carrément écrire des articles sur le tricot sur votre blog. L’écriture est un médium qui peut directement ou indirectement rejoindre nos intérêts. Elle peut même nous aider à nous développer dans ses domaines. Puis, comme je le disais dans une conférence que j’ai donnée, dès que l’on écrit sur quelque chose qu’on aime, presque automatiquement, on aime l’écriture.

Cependant, cela ne s’arrête pas aux écrivains en herbe : chaque artiste est énormément chanceux. Bon, le comédien peut difficilement acter son amour du tricot, mais l’on comprend où je veux en venir. Un peintre peut passer une infinité de message à travers ses toiles, le sculpteur peut incorporer des éléments qui représentent ce qu’il affectionne, etc.

Bref, je lisais ces articles de yoga (notamment un qui parlait de yoga et de poésie) et je me disais : moi aussi, je pourrais en écrire, de la poésie sur le yoga. Après tout, je suis ici pour vous communiquer ce qui m’anime. Si vous n’aimez pas, vous passez votre tour simplement.

Tout cela pour dire qu’à cet instant présent, je suis très reconnaissante d’entretenir cette relation envers l’écriture parce qu’elle permet de rejoindre mille et un horizons qu’on n’aurait peut-être jamais rejoints autrement, parce qu’elle nous laisse vulgariser ce qui nous rend heureux, parce qu’elle devient ce qu’on aime tellement facilement.

Enrichir son vocabulaire en lisant #2

Écriture et littérature, Créations

On reprend la même idée que la dernière fois  : apprivoisez les mots nouveaux qui ont croisé ma route en février (mieux vaut tard que jamais!) Depuis que j’ai découvert que mon application de dictionnaire hors-ligne sur mon téléphone offrait la possibilité de d’ajouter des mots dans nos favoris, je note avec enthousiasme les inconnus que je découvre dans mes livres. Pour aujourd’hui, je les mettrai en scène à travers un poème traitant de la rivalité entre le croyant et l’athée.

Salmigondis ophidienne

Lorsque le pharisien croise le bigot
Le pharisien juge le bigot
Et vice-versa, prenant leur plus belle tessiture
Ceux-ci vont avec aménité
Avec une fausse équanimité

De l’autre, chacun est la contre-culture
Qu’il soit carmélite ou monacal d’une autre façon
Qu’il soit d’un grand intellect ou d’un air moron
L’un critique le dernier par sa vétusté
Le second par son priapisme obnubilé

Brimant l’intimité des gynécées
Semant ses semances, ses scories, ses péchés
Fantôme des lupanars
Vivant de pantomimes
Destiné à l’abîme

Et puis, le maître de l’amphigouri
Dans le latin forme des congères
Entre lui et les hommes qui lui sont cher
Ses paroles bibliques, des turpitudes pour l’athée et son ouïe
Ses paroles bibliques qui hantent les cauchemars

Au final, lequel plénipotentiaire?
Lequel pusillanime?
Les deux probablement
Derrière l’outrecuidance, se camouflant
Mais personne n’est unanime

À en croire la si forte haine
Que ressent ces idiosyncrasies
Opposées par sacerdoces ennemies
Les deux finiront d’atroces géhennes
Côte à côte, en Enfer

Comme Pascal l’a dit
Et comme l’a confirmé Flaubert
L’homme est plus près de la bête que de l’ange idolâtré
Ils sont de simples phacochères
Nous ne sommes qu’errant dans la nuit.

Donc, voici un total de 24 mots versus 10 dans le premier article, j’y ai été un peu fort ce mois-ci haha! Combien en connaissiez vous parmi ceux-ci?

Aménité : Douceur accompagnée de politesse et de grâce.
Amphigouri : Écrit ou discours dont les phrases, contre l’intention de l’auteur, ne présentent que des idées sans suite et n’ont aucun sens raisonnable.
Bigot : Personne affichant une religiosité affectée.
Carmélite : Religieuse de l’ordre des carmes déchaux.
Congère : Amas de neige de plus ou moins grande ampleur qui se forme par l’action du vent.
Équanimité : Sentiment d’indifférence à l’égard de toute sensation ou évocation, agréable ou désagréable, dû à l’apaisement de l’esprit.
Géhenne : Souffrance physique ou morale atroce.
Gynécée : Appartement réservé aux femmes chez les Grecs.
Idiosyncrasie : Personnalité psychique individuelle.
Lupanar : Établissement où se pratique la prostitution.
Ophidien : Qui de la nature du serpent.
Outrecuidance : Confiance excessive en soir ; orgueil, présomption.
Pantomime : Art d’exprimer les passions, les sentiments, les idées par des gestes et par des attitudes, sans le secours de la parole.
Phacochère : Mammifère d’Afrique, voisin du sanglier, muni de deux défenses dirigées vers le haut.
Pharisien : Celui, celle qui, sûr de soi, juge de haut, avec orgueil et dureté, les actions ou les opinions des autres.
Plénipotentiaire : Qui peut tout.
Priapisme : Vif appétit sexuel, et par extension, grande excitation.
Pusillanime : Qui manque de courage, de caractère ; qui fuit les responsabilités.
Sacerdoce : Vocation.
Salmigondis : Personnes réunies au hasard.
Scorie : Produit des éruptions volcaniques, sorte de lave légère.
Tessiture : Tranche du registre la plus aisée d’une voix.
Turpitude : Ensemble d’actions honteuses, d’écrits ou de paroles ignobles.
Vétusté : Ancienneté. Se dit principalement en parlant des choses que le temps a fait dépérir, a détériorées.

Enrichir son vocabulaire en lisant

Écriture et littérature, Créations

J’ai beaucoup lu dernièrement et notamment des classiques, on peut nommer Shakespeare et Balzac. Ce que j’aime particulièrement de ces livres poussiéreux, c’est la richesse du vocabulaire de cette ancienne époque. Cependant, je ne cache pas qu’il m’arrive souvent que je dois cherché dans le dictionnaire. Ce qui est merveilleux, c’est qu’avec les téléphones, même sans internet, en un clic, on a une définition! Et j’ai découvert sur mon application de dictionnaire hors-ligne que l’on pouvait mettre des mots dans nos favoris! Si ce n’est pas fantastique la technologie. Je vous présente donc les mots que j’ai découvert en janvier à travers un texte, car il faut bien les amadouer ces petites bêtes!

«Le poète du coin aimait appeler l’endroit de sérail bien que personne ne comprit le mot. C’était une petite maisonnette qui semblait peu accueillante dans le froid de l’hiver, la cheminée crachait peu. On aurait cru que celui ou celle qui y vivait menait une vie d’ascète, mais non. En fait, même si la résidence était hiémale, il faisait toujours chaud à l’intérieur : l’amas de gens qui s’y trouvait muni seulement de leur chaleur humaine suffisait.

Le lieu était couru à cause d’une dame qu’on peut décrire de paraphernale. À son arrivée, on eût pensé que sa popularité n’aurait pas fait long feu, mais elle a atteint une certaine pérennité sans lueur de péroraison. Le clepsydre coulait sans fin.

À la base, les villageois étaient presque craintifs de ce cette étrangère. Il fallut que quelques-uns se sacrifient pour que les autres se diogénisent à leur tour. Maintenant, nul homme ne résistait à ces charmes et quiconque tentait de prétendre l’inverse avait l’air d’un histrion. Ah! l’homme et ses péchés! Résister à des saturnales? Il ne résistera jamais. L’homme et son plaisir, le nombril du monde. Heureusement, il y a des femmes qui s’adonnent à leurs vices. D’ailleurs, je vous ouvre ma porte.»

Voilà pour un total de 10 mots nouveaux pour janvier et un joli texte qui a été très agréable à écrire. 🙂

Et voici les définitions :

Ascète : Celui, celle qui mène une vie austère.
Clepsydre : Horloge qui indique la marche du temps par l’écoulement d’une certaine quantité d’eau.
Diogéniser : Rendre impudique.
Hiémal : Qui appartient à l’hiver.
Histrion : Mauvais comédien.
Paraphernal : Qualifie les biens de l’épuise qui n’ont pas été constitués en dont et dont elle conserve l’administration et la jouissance.
Pérennité : Caractère de ce dure toujours, ou très longtemps.
Péroraison : Conclusion d’un discours d’apparat, d’une harangue, d’un plaidoyer, d’un sermon.
Saturnales : Moment de licence, de désordre.
Sérail : Partie du palais où les femmes sont enfermées, harem.

Retour sur l’écriture en novembre

Écriture et littérature, Réflexions

En date du 4 novembre, je publiais un article parlant de ma participation non-officielle du NaBloPoMo qui, je vous le rappelle, est un événement où les bloggers s’engagent à publier à tous les jours pendant un mois. Personnellement, je voulais simplement écrire le plus d’article possible pour me créer une réserve étant donné mon irrégularité maladive sur Ressacar.

Ici, vous avez vu la face visible de l’iceberg, c’est-à-dire deux articles sans compter celui de la présentation du défi. Le premier s’est voulu une chronique de La vie secrète de Walter Mitty qui s’est finalement retourné en tranche de vie et critique sur l’argent et la société. J’en suis satisfaite, car ça m’a permis d’explorer un nouveau genre, je n’écris pas des choses aussi personnelles habituellement. Puis, au fond, mon rêve est de changer le monde, comme plusieurs, donc je donne souvent mon opinion sur les sujets d’actualités. Avec Je n’ai plus envie de voyager, j’ai désormais une version papier de mes pensées afin que je n’oublie pas la fois où j’ai eu cette réflexion sur l’argent. Le second article traite des livres électroniques. Lui aussi a une certaine valeur. Cette innovation technologique fait parler, mais il est rare qu’on voit des recherches complètes à ce propos. Je ne sais pas si mon essai a rentré d’une oreille et sorti de l’autre, mais personnellement je crois qu’il n’est pas si ennuyeux, qu’il est même riche d’informations.

La face cachée de l’Iceberg, c’est seulement un autre brouillon qui a pour titre La télévision et la méditation. Ce n’est peut-être pas beaucoup, mais pour moi c’est mieux que rien. Avec les deux articles en ligne en novembre, mon blog a semblé actif! Puis, j’ai fait ma bonne internaute en commentant des articles, en m’abonnant à des gens, je ne suis pas tant à la goure. Et tout cela avec un mois beaucoup plus chargé que prévu (c’est pareil à tous les mois).

Cependant, je n’ai peut-être pas consacré autant de temps que je l’aurais voulu sur WordPress, je l’avoue, mais j’ai quand même publié des choses ailleurs. Vous ne le saviez probablement pas : dernièrement, j’ai sombré dans l’amour des haikus. Je ne sais pas combien j’en ai écrit depuis les 30 derniers jours, mais je sais combien j’en ai posté : 21. Ne sachant pas trop où les placer sur Internet, ils sont actuellement sur un Tumblr que j’ai fait en leur honneur, ma guénizah de haikus. L’endroit est plutôt minimaliste, mais très joli.

En réalité, pour moi, l’important c’est d’écrire, donc je suis assez comblée. Je suis plus une auteure de poésie et de fiction, alors c’est un défi pour moi de tenir un blog plus culturel que créatif. Une bonne fois je prendrai mon courage entre deux mains et je tenterai d’incorporer ces deux volets de ma plume ici. En attendant, j’essaie de garder le rythme.

Sinon vous, comment a été votre NaBloPoMo/NaNoWriMo/NaCeQueTuVeux?  Je serais bien ravie de l’entendre 🙂

Novembre et sa frénésie littéraire : c’est maintenant!

Écriture et littérature, Créations

On est en novembre et c’est le mois du NaNoWriMo, c’est le temps de l’année où l’on découvre qui sont les vrais courageux parmi nous. Je n’ai pas honte de dire que je fais ma lâche pour cette fois, je suis une habituée du camp d’avril, pas de l’officiel évènement. J’aurais des milliers d’autres excuses pour me défendre : le projet que j’ai en tête n’est pas prêt à être écrit tout de suite, j’ai beaucoup de travail pour l’école, un nouveau boulot, un petit-ami et une dette de sommeil assez effrayante. Cependant, j’ai trouvé une alternative pour ne pas être complètement lâche ce novembre-ci.

En surfant sur WordPress, voici sur quoi je suis tombée : le NaBloPoMo, soit le National Blog Posting Month. Je vous réfère aussi à ce site, WiseGeek, qui en parle.J’ai eu envie d’essayer étant donné que j’ai plusieurs plans d’articles qui traînent, puis ma raison m’a dit d’abandonner, que c’était de me surmener, puis j’ai vu ceci :

Featured image

Donc, malgré mon manque de temps (et d’énergie), je me suis dit que je pourrais malgré tout me lancer. C’est quand qu’on a un projet en tête, un défi, qu’on est le plus productif, non? Évidemment, j’ai déjà quelques jours de retard, mais de toute façon, mon objectif premier n’est pas de poster à tous les jours. En réalité, je veux seulement écrire le plus d’article possible, si il y en a trente au final, tant mieux! Sinon, ça ne m’importe peu. En fait, je veux participer à ce challenge pour avoir une réserve d’article pour Ressacar, car comme vous l’aurez remarqué, la constance ce n’est pas ma tasse de thé, à mon plus grand comble.

Au menu, je prévois surtout du culturel : des critiques de films, peut-être des livres pour faire changement, de la musique et des films. Je considère aussi à emmener des tranches de vies, des sujets d’actualité, des sélections d’image et ma poésie.

Bref, j’espère qu’en rendant public mon initiative, ça me motivera plus. Le NaBloPoMo n’a que des avantages : comme je risque de publier mes articles que tardivement, ça me laisse du temps pour de la révision, ça me pousse aussi à explorer d’autres avenues, etc. Je croise les doigts pour réussir à publier un peu et je vous invite à faire de même. En tout cas, bonne chance à tous, que ce soit pour le NaBloPoMo ou le NaNoWriMo !

Les thèmes que vous exploitez dans l’écriture

Écriture et littérature, Réflexions

Nombres et nombres d’entre nous avons débuté à écrire soit à l’adolescence pour passer par-dessus ces crises d’identité et maintes peines d’amour ou d’amitié. Ceux qui s’y sont mis plus tôt ont peut-être préféré commencer par des histoires imaginaires pour s’échapper de leur réalité ennuyeuse. Personnellement, c’était avec des petits récits ridicules. Je me souviens de ma nouvelle sur les poulets envahisseurs (oui, oui), des mots qui jouaient à cache-cache et même de ce fameux poème sur les feuilles de cartable. Aujourd’hui, bien que juste ce matin, j’aie composé un poème sur les chats mais bon, j’explore des thèmes pas mal moins saugrenus.

Je vais garder le sujet de ma jeunesse et l’écriture pour un autre article, ce sur quoi j’ai envie de me pencher actuellement, ce sont les thématiques qu’on peut avoir en prédilection. Chez moi, j’ai remarqué un motif. Étant amoureuse, j’avais l’habitude de pondre des choses romantiques, sauf que j’ai beau être en couple et désirer écrire des belles déclarations, je n’y arrive pas. Mon inspiration me joue des tours. Juste l’autre jour, j’étais plantée devant mon carnet et je me suis dit : «Allez, écris-lui un joli poème» et je me suis retrouvée à écrire

«En tant qu’écotoxicologue,
Je vois la nature s’éteindre
Je la vois atteindre
Son épilogue

Je vois le vert des veines
Tourner au rouge royal
Sur les feux de circulations sanguins
De la planète en peine
À qui on arrache les gales
Des cicatrices d’hier et demain»

Je suis habituée à dénoncer la société, dans le camp NaNo d’avril, mon roman Les lettres qui dansent se consacrait justement à la tâche, mais le virage environnemental qu’a pris mes reproches me surprend. Ceci n’est qu’un poème, mais il y en a plusieurs d’autres qui se sont finalement retrouvé en train de parler de notre planète et de pollution sans que je ne puisse rien y faire. Les écrivains parlent souvent du fait que leurs personnages prennent vie et choisissent par eux-mêmes , de mon côté, c’est les rimes qui s’animent et qui s’orientent vers le sujet dont ils ont envie. C’est peut-être dût à mon subconscient qui culpabilise de plus regarder les infolettres de d’OXFAM Québec et de Greenpeace (mention spéciale à leur vidéo pour sauver les abeilles, en passant). Sans blague, j’ai toujours eu à cœur la protection de la faune et la flore et tout le tralala, mais je n’aurais jamais cru que ça prendrait tant de place dans mon art, mais j’imagine que c’est une bonne chose. Il faudrait seulement que je montre plus mes œuvres au public.

Un autre des sujets qui revient toujours sur mes feuilles malgré moi, c’est le thé et le café. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que ces boissons chaudes dégagent du réconfort. J’y suis accro, j’adore glisser ceux-ci dans une figure de style que ce soit subtile ou non comme dans «Nos baisers s’infusant/Dureront plus longtemps/Nos paroles sans filtre/J’en boirai des litres». Ça peut-paraître banal, mais dans le texte où j’ai pris cet extrait, tout le reste est à ce propos également. J’ai carrément écrit un slam sur David’s Tea, incluant le nom de 51 sortes de thé. C’est comme une drogue pour moi, une drogue saine et remplie de variété. Tranquillement, je me trouve de plus en plus de gens qui partagent cette passion, voilà ce qui entraîne peut-être mon envie de m’exprimer là-dessus.

Finalement, mon troisième domaine d’écriture dernièrement, c’est la différence. Celui-là, ce n’est pas l’inspiration qui le glisse constamment devant moi, mais des obligations. Les professionnels ont probablement parfois besoin de se concentrer sur un champ d’expertise en particulier, personnellement, je ne suis pas encore rendu là, mais dans le cadre de mes études, je dois me consacrer sur la différence. En tant que projet personnel/intégrateur, appelez ça comme vous le voulez, je fais un recueil de poème,  illustrée par une amie talentueuse d’ailleurs, là-dessus. J’ai commencé il y a environs mois et je risque de bosser sur ça jusqu’à l’hiver prochain. Au moins, ce n’est pas un thème qui me pose des barrières : je peux me diriger dans n’importe quelle direction. J’y vais dans les acrostiches, les oeuvres en prose, l’absurde en passant par les comparaisons avec les renaissances ou mes anciens amants. J’espère rajouter à ma liste les haïkus et les alexandrins. Je suis très enthousiaste.

J’ai assez babillé. Pour conclure, j’ai trouvé intéressant de faire le point sur ce qui se passe dans le côté droit de mon cerveau sans besoin de psychanalyse. D’un autre point de vue, ça m’a permis de constater comment je me suis retournée vers la poésie depuis quelques temps en guise de detox de ce 50 000 mots.

Et vous? Quels sont les thèmes que vous exploitez récemment? Ou lesquels sont les plus présents dans votre vie d’artiste en général?

Camp NaNoWriMo 2014 : Gagnante/survivante

Écriture et littérature, Créations

J’ai manqué le départ pour faire l’annonce de ma participation, j’ai aussi raté le quinze pour vous donner mon rapport sur la moitié du chemin. Mieux vaut tard que jamais : en direct de la ligne d’arrivée (ou presque, j’ai terminé le 26), je vous parle de ce projet qui a captivé tout mes temps libres ce mois-ci.

Le titre? Les lettres qui dansent. Le synopsis initial? «Un jeune homme reçoit des lettres d’un inconnu de manière récurrente : ce dernier lui propose d’ouvrir ses horizons, de penser autrement. Par le biais de visions psychédéliques causées par ce mystérieux correspondant, notre personnage principal vivra une désillusion par rapport à la société d’aujourd’hui de façon a entraîné plusieurs bouleversements chez lui». Malgré le fait que je n’avais rien planifié d’avance – non je n’ai pas retenu de leçon de l’an dernier -,  j’ai réussi à diriger mon histoire dans la voie où je l’avais imaginé au début. Notre personnage principal, un jeune étudiant montréalais, se nomme Bastien Cartier. Dans ce récit à la première personne, il nous narre son évolution «spirituelle» pourrait-on dire à travers ses rencontres et surtout ses expérimentations dans le domaine des drogues. En biais, on suit l’échange de missives entre celui-ci et Conrad Max,  l’émulateur de tous ces changements.

Par ce simple paragraphe, j’explique bien le titre. Les lettres ont une place significative dans le déroulement des événements et il arrive fréquemment que les mots s’embrouillent et se libèrent du papier. En gros, ça résume une bonne partie de ma motivation vis-à-vis LLQD : j’avais envie de me lancer dans l’épistolaire et à la fois de me permettre une écriture très libertine, cela étant possible ici grâce au côté déjanté du correspondant de Bastien et des hallucinations parfois sans dessus dessous.

Ce n’est pas tout, j’ai pu aborder plusieurs sujets qui me tiennent à coeur. J’ai pu parler d’art et d’amour ainsi que de choses moins roses comme la standardisation, la mondialisation et l’urbanisation. À la base, je voulais consacrer mon 50 000 mots à la dénonciation de ce qui ne me plait pas dans la société actuelle, mais c’est une tâche plus difficile que je ne l’aurais cru. Donc, je laisse le peaufinage à plus tard en ce qui concerne cet aspect. Pour l’instant, je profite de ma paix intérieure et de ma fierté.

Certains de mes amis diront que je n’ai pas à me sentir si fière que ça, pour nombre d’entre eux mon roman parait comme un ramassis de phrases incohérentes et illogiques. Ces commentaires auraient pu me saper le moral, mais je les ai pris en riant. Il faut que je leur concède avec des passages de la sortes :

«Moi qui n’est pas baptisé, j’accueille Moïse en plein juin. C’est à ce moment que je parviens à me lever : je ressens le besoin de chercher des apéritifs pour notre invité d’honneur, mais l’orgie m’assomme, me ligote et malheur… Moïse s’y joint! Ce n’est pas très catholique tout ça, ça doit être le Moïse des juifs. Après que la peur me desserre la gorge, je me mets à rigoler de la scène devant moi. Mon rire est sinueux et contagieux. J’entends des chuchotements en jargon scientifique, mais je saisis bien quelques brèves lignes «Vaccin… contre… ce clown… abdos trop bruyants et puissants… épidémie…» . Je suis libre des cordes du sexe mural et j’effleure le plafond. Sauf que le plancher est plus confortable, on s’embrasse, je l’appelle ma muse. Je hurle qu’il est ma muse parce que je ne comprends pas ce qu’il répond».

Reste que le plus dur pour moi, ce ne fût pas l’avis des autres, mais le manque de temps. Avec 1001 travaux à remettre, mes objectifs de course (que j’ai cruellement mis de côté même si je participe au Color Me Rad le 18 mai) et mon semblant de vie sociale, si je ne m’avais pas transformé en Superwoman, je n’aurais jamais vu le bout. Sans parler qu’au début de la seconde semaine, je me suis tapé un retard de 4000 mots ce qui n’est pas tant mais bien assez pour me stresser pendant un bon moment. Je crois que cette année fût décidément l’année où j’ai été le plus ravie que les congés de Pâques arrivent! Heureusement que j’ai pu m’y reposer puisque lorsque l’on est en manque de sommeil constamment, la motivation déserte rapidement. Pourtant, j’ai fais de mon mieux pour traquer mes réussites en regroupant dans un fichier le meilleur de ce que j’écrivais quotiennement. J’ai même acheter le logiciel Write Or Die pour cesser de procrastiner. Reste que la chasse à la motivation a été très ardue durant tout le mois, ce n’est qu’au cap des 40 000 mots que j’ai attrapé ma proie.

Pour conclure, cette deuxième participation au camp NaNoWriMo d’avril fût aussi enrichissante qu’En 2013. C’était la première fois que je socialisais avec une cabine notamment ce qui s’est avéré agréable.  Tandis qu’à la première occasion, j’étais exaltée, au comble du bonheur, lorsque j’ai tapé «La fin» à mon jet, cette année ce fût un gros soupir de soulagement que je n’ai pu retenir après avoir atteint mon objectif. J’ai survécu, j’ai gagné avec 50 055 mots!

En résumé, si Les lettres qui dansent voit la lumière un jour, attendez vous à un roman épistolaire où se mêle psychédélisme et critique de société dans un décor québécois!