Réviser son roman, comment rester motivé

Écriture et littérature, Réflexions

Le cégep recommençait le 25 janvier. De longues vacances à priori, les plus longues que j’ai eues depuis plusieurs années. Bon, vacances n’est peut-être pas le bon mot puisque j’ai travaillé presque tous ces jours. Sans rémunération en plus. C’est que je travaillais sur mon roman. S’entamait alors un grand combat contre la procrastination où le plus grand allié de l’auteur, la motivation, menaçait de fuir à tout moment…

À travers cette lutte pour la productivité, j’ai découvert cinq trucs pour ne pas perdre du terrain à l’adversaire.

1. Être matinal.

Pendant le NaNo, l’alarme sonnait parfois à 4h du matin pour écrire lorsque je savais que je n’avais pas de temps libre durant le jour. Pour ma révision, je me suis levée presque à tous les matins de mes vacances à 7h pour avancer mon manuscrit. J’aime donc prétendre que je suis une personne matinale qui est très productive aux alentours du levée du soleil. J’utilise prétendre, car c’est souvent faux. En réalité, ce que j’apprécie de l’acte de me réveiller plus tôt, c’est tout simplement que ça rajoute des heures à la plage horaire. Me lever à 7h m’a permise d’accomplir complètement mes tâches sans perdre la tête, puisque avec tout le temps supplémentaire, je pouvais me permettre des pauses. Des arrêts sont essentiels dans le processus de révision puisqu’il faut constamment réfléchir aux détails, on ne peut se permettre de manquer de concentration.

2. Se permettre d’avoir du plaisir.

Réviser un roman a de quoi de sérieux. Après tout, la phase créative est passée, c’est le temps d’être rationnel. Cependant, être constamment sérieux est loin d’être agréable. Pour être facilement motivé, il faut réussir à voir à travers le travail difficile les aspects amusants. Quelle est cette partie plaisante dans la révision d’un roman selon moi? Tout simplement les erreurs que l’on a commis dans le brouillon. Erreur peut rimer avec découragement. Cependant, ça me fait plutôt rire d’avoir écrit arbre au pluriel «arbrent».  «Je ne l’ai vu qu’une fois et vraiment très rarement» est une autre phrase que j’aime pas mal aussi. C’est certain que plusieurs cas de la sorte se cachent dans votre manuscrit.

3. Tenir un journal de bord.

Appliquer celui-là ne devrait pas être trop dur, parce que si vous révisez un roman, c’est parce que vous aimez écrire et c’est ce qu’on fait dans un journal. Le mien est format papier (joli, hein?) C’est en fait la continuité des notes que je prenais lors du premier jet. À chaque jour où je mets ma main à la pâte, j’écris une entrée. Nul besoin d’être aussi traditionnel que moi. Le journal de bord peut être un enregistrement vocal, un fichier Word, un blog ou votre compte Twitter. L’important est de ne pas tout garder à l’intérieur. Il faut avoir un endroit où on peut être irrationnel (dire qu’on est démotivé, qu’on a faim, qu’on déteste ce projet, etc.) tout en gardant  des comptes en marquant le nombre de pages retravaillés par session. En boni, c’est très cocasse à relire plus tard.

journal de bord licorne k

4. Mantra positif/méditation

Depuis quelques temps, je suis à fond dans les méditations guidées. Néanmoins, les séances les plus efficaces sont celles que je fais sans accompagnement audio, seule avec moi-même. À mes yeux, la durée idéale est 10 minutes. C’est juste assez pour être dans le mood sans s’éterniser. Habituellement, je pratique juste avant de me lancer dans mon roman. Je me récite ce mantra positif : «Je visualise le succès, j’ai la patience et le talent pour l’atteindre, car je suis un auteur et l’écriture est mon art». Peut-être la phrase est-elle trop longue pour vous, mais pour moi, elle fonctionne parfaitement, me la répéter me motive. Je l’ai prise sur cet article de Writersrelief qui propose d’autres affirmations dans le même genre. Libre à vous aussi de créer votre mantra personnalisée. Et si la méditation n’est pas votre truc, peut-être l’écrire plusieurs fois ou l’afficher visiblement fera l’affaire. Bref, c’est un truc à essayer parce qu’il n’y a rien à perdre avec les pensées positives.

5. Musique reliée

J’ai cru être assez forte pour travailler dans le silence. J’ai eu tort. Je croyais que la musique allait contaminer mon univers. J’ai également eu tort. Elle ne fait que l’enrichir. Et elle motive après tout. Pour ma part, je suis plutôt chanceuse à ce niveau. Mon histoire est inspirée de la Beat Generation, mouvement qui a contribué au jazz et à d’autres genre. J’ai pu trouvé des playlists qui était donc à l’essence même de mon inspiration. Je suis plutôt du genre rock et indie, alors l’inusité de la trame sonore m’a transportée ailleurs, à l’occurrence, dans mes mots. Donc, il est important d’avoir un accompagnement musical fidèle à notre monde imaginaire. Songza/Google Play Music est souvent considéré comme la référence, car le tout est compilé par des professionnels. Cependant, je trouve que 8tracks est encore plus riche avec l’aspect individuel et toujours différent des mix. De plus, la recherche me semble plus fonctionnelle sur ce site.  Le petit dernier que j’ai découvert est Bandcamp. L’endroit rassemble des groupes émergents qui permettent l’écoute de leurs morceaux gratuitement (avec possibilité d’achat, bien sûr, mais les titres ne deviennent jamais payants). Tous les styles s’y trouvent, la plateforme est idéale pour ceux qui cherchent des sons originaux.

J’espère que ces conseils vous seront utiles, même si ce n’est pas la recette miracle. N’hésitez pas à partager vos tactiques pour rester motivé afin d’enrichir l’article!

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Novembre et sa frénésie littéraire : c’est maintenant!

Écriture et littérature, Créations

On est en novembre et c’est le mois du NaNoWriMo, c’est le temps de l’année où l’on découvre qui sont les vrais courageux parmi nous. Je n’ai pas honte de dire que je fais ma lâche pour cette fois, je suis une habituée du camp d’avril, pas de l’officiel évènement. J’aurais des milliers d’autres excuses pour me défendre : le projet que j’ai en tête n’est pas prêt à être écrit tout de suite, j’ai beaucoup de travail pour l’école, un nouveau boulot, un petit-ami et une dette de sommeil assez effrayante. Cependant, j’ai trouvé une alternative pour ne pas être complètement lâche ce novembre-ci.

En surfant sur WordPress, voici sur quoi je suis tombée : le NaBloPoMo, soit le National Blog Posting Month. Je vous réfère aussi à ce site, WiseGeek, qui en parle.J’ai eu envie d’essayer étant donné que j’ai plusieurs plans d’articles qui traînent, puis ma raison m’a dit d’abandonner, que c’était de me surmener, puis j’ai vu ceci :

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Donc, malgré mon manque de temps (et d’énergie), je me suis dit que je pourrais malgré tout me lancer. C’est quand qu’on a un projet en tête, un défi, qu’on est le plus productif, non? Évidemment, j’ai déjà quelques jours de retard, mais de toute façon, mon objectif premier n’est pas de poster à tous les jours. En réalité, je veux seulement écrire le plus d’article possible, si il y en a trente au final, tant mieux! Sinon, ça ne m’importe peu. En fait, je veux participer à ce challenge pour avoir une réserve d’article pour Ressacar, car comme vous l’aurez remarqué, la constance ce n’est pas ma tasse de thé, à mon plus grand comble.

Au menu, je prévois surtout du culturel : des critiques de films, peut-être des livres pour faire changement, de la musique et des films. Je considère aussi à emmener des tranches de vies, des sujets d’actualité, des sélections d’image et ma poésie.

Bref, j’espère qu’en rendant public mon initiative, ça me motivera plus. Le NaBloPoMo n’a que des avantages : comme je risque de publier mes articles que tardivement, ça me laisse du temps pour de la révision, ça me pousse aussi à explorer d’autres avenues, etc. Je croise les doigts pour réussir à publier un peu et je vous invite à faire de même. En tout cas, bonne chance à tous, que ce soit pour le NaBloPoMo ou le NaNoWriMo !

On se prend en main!

Écriture et littérature, Créations

J’orne fièrement mon blog du badge du camp NaNoWriMo depuis mars 2013. À chaque fois que je le regardais, je souriais, jusqu’à temps que je remarquer que cet insigne avait pris beaucoup trop la poussière à mon goût.

Le patient idéal, tel est le titre de ce projet à la dérive, est imprimé, 94 jolies pages, depuis plus de 6 mois. La pile modestement volumineuse est belle à priori, mais le contenu est loin de l’être. La preuve flagrante est la suivante : hier, j’ai tenté d’expliquer à une bonne amie mon histoire pour qu’elle m’éclaircisse sur quel chemin emprunter avec celle , mais je ne suis même pas parvenue à la résumer, c’est beaucoup trop confus.

C’était le risque à prendre, la confusion, c’est souvent le cas lorsqu’on se lance sans réfléchir et sans planifier dans une ébauche de roman, vivant au jour le jour. Surtout lorsque c’est la première fois qu’on s’essaie à ce genre d’aventure. Puis, mélanger l’hypnose à la magie noire, avec un tas de personnage, ça devient évidemment complexe, c’était inévitable.

À la base, Le patient idéal devait relater le quotidien du docteure Pénéloppe Fenmen (je ne sais toujours pas comment écrire son prénom), une hypnothérapeute. Emballée par cette profession, je voulais la faire découvrir aux autres. Je m’imaginais que cette jeune femme rencontrerait un patient en apparence idéal, charmeur et mystérieux qui l’emmènerait vers je ne sais trop quoi, je vous rappelle que j’y allais free-style. Pour combler le vide et mettre du suspens, j’ai ajouté des personnages pour que le lecteur ait à deviner qui est ce soit disant patient idéal. Cette décision n’était peut-être pas la meilleure : il s’avère que maintenant j’en ai trop. Je devrais surement en enlever, mais je m’y suis attachée.

Voilà un de mes principaux problèmes, l’un des plus importants est que ma trame d’arrière fond est incompréhensible. J’ai voulu mettre des flash-backs ça et là pour créer une ambiance intrigante, mais j’ai saisi qu’excepté moi-même – et encore là, ça peut être drôle – personne ne saisira. Cependant, ce passé, j’y suis attachée également et il représente le fil conducteur de l’histoire. C’est là que j’ai frappé un mur, un dilemme, je n’aime pas les dilemmes. Je devais choisir entre mettre à l’avant ce passé sombre où il est notamment question de magie noire et de vengeance ou de focusser sur mon plan de départ, soit sur le quotidien de notre hypnothérapeute et les limites de l’hypnose en quelque sorte.

Chacun comportait de nombreux compromis. J’ai finalement opté pour l’option vengeance dans la jeunesse de mes personnages, sauf que ma bonne amie à qui j’ai finalement réussi, de peine et de misère, à expliquer la situation, elle, m’a plutôt conseillé de choisir les limites de l’hypnose. Je la comprenais «les limites de l’hypnose», ça sonne bien, non? Malgré cette réaction compréhensive de ma part, je n’entendais pas là ce que j’aurais voulu entendre. Je me retrouvais un peu stressée par l’idée étant donné que, même si j’ai fais beaucoup de recherche à ce sujet, je ne suis pas une experte incontestée de ce domaine et aussi, je devais trouver des nouvelles motivations à toute l’histoire.

Tout cela pour dire que franchement, j’étais en train de virer folle, c’est toujours l’effet des dilemmes sur moi. Mon amie, voyant ma santé d’esprit se désintégrer tranquillement, m’a suggéré une nouvelle chose : mélanger les deux prémisses contradictoires de mon dilemme. Je lui ai concédé qu’elle tenait probablement la solution.

Donc maintenant, je suis prête à mettre beaucoup d’efforts là-dessus, je vais en avoir besoin. Je vais devoir écrire beaucoup de scènes supplémentaires pour rendre possible la compréhension, supprimer beaucoup de passage pour bien me prêter au jeu de l’édition d’un premier jet et aussi ré-arranger l’ordre entièrement. J’ai la sensation que tout doit être parfait pour que mon manuscrit soit potable, digne d’être montré à quelqu’un, néanmoins je sais qu’il ne le sera pas après cette version 7.1. Reste que cela ne m’effraie pas trop, je suis consciente qu’en réalité, mon plus gros défi sera d’entretenir une motivation constante.  J’imagine que je vais en reparler par ici sous peu!

Pour l’instant, comme l’illustre cette photo : let’s start editing (it the cat wants to)!

Let's start editing (if the cat want to) #writing #amediting #cat

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