Vous avez dit haïkus ?

Écriture et littérature, Créations

Dans la situation dans laquelle je suis en ce moment – c’est-à-dire en grande difficulté  quant à l’écriture de textes consistants -, il ne faut pas baisser les bras. Quoi de mieux dans ce genre de cas que de mettre en valeur le peu qu’on parvienne à écrire?

Comme le titre l’annonce, il est question de haïkus. Cet art japonnais inventé par Masaoka Shiki  me charme depuis près d’un an maintenant grâce à ma découverte de l’auteur André Duhaime. Pour les novices, je vous rappelle qu’un haïku est une petite pièce de poésie composée de trois vers évoquant traditionnellement les saisons. Comme j’en parlais dans mon article sur les thèmes dans l’écriture, j’aime exploiter celui de la nature. De plus, le côté bref et spontané de la chose me permet d’en composer sans prise de tête contrairement à la prose que je repousse dernièrement.

Depuis novembre 2011, je tiens une guénizah de haïkus en ligne (pour ne pas tuer d’arbre en leur consacrant un cahier). D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, Tumblr m’a envoyé un message comme quoi mon site leur plaisait et qu’il l’afficherait éventuellement dans la section poésie, ce qui est valorisant. Je profite de ce billet pour également célébrer cette reconnaissance.

Bref, mon but ici est de vous présenter quelques-uns de mes haïkus composés au courant des mois précédents afin d’avoir vos commentaires et peut-être bien vous donnez envie d’en lire plus ou même encore, d’en écrire vous-même. Les voici :

AUTOMNE
Les arbres ne sont pas tristes
Eux comme moi avec toi
Sont mieux nus

Les flocons
Et leur ressac
Dans les flaques d’eau

HIVER
Les bancs de neige
Si haut
Qu’on ne peut s’y asseoir

La pluie de janvier
Qui pleure déjà
La nouvelle année?

PRINTEMPS
Le soleil
Les cernes
La nuit

Chère abeille,
Je ne suis pas une fleur
Alors que fais-tu?

ÉTÉ
Un bateau à vapeur
Transportant du riz
Quelle ironie

Des coureurs
Sous le soleil
Des lièvres

À nouveau, je vous invite à aller visiter ma guénizah de haïkus pour plus de poèmes. Néanmoins, je vous invite surtout à regarder par la fenêtre, apprécier ce que vous y verrez et composez trois petits vers, rien de trop compliqué. Avec de la chance, si c’est votre premier, ça ne sera pas le dernier puisque les haïkus, c’est facile et accessible à tout le monde. Le seul inconvénient considérable à cette forme de poésie, c’est la difficulté d’écrire son nom à l’ordinateur à cause des trémas ! 😉

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Camp NaNoWriMo 2014 : Gagnante/survivante

Écriture et littérature, Créations

J’ai manqué le départ pour faire l’annonce de ma participation, j’ai aussi raté le quinze pour vous donner mon rapport sur la moitié du chemin. Mieux vaut tard que jamais : en direct de la ligne d’arrivée (ou presque, j’ai terminé le 26), je vous parle de ce projet qui a captivé tout mes temps libres ce mois-ci.

Le titre? Les lettres qui dansent. Le synopsis initial? «Un jeune homme reçoit des lettres d’un inconnu de manière récurrente : ce dernier lui propose d’ouvrir ses horizons, de penser autrement. Par le biais de visions psychédéliques causées par ce mystérieux correspondant, notre personnage principal vivra une désillusion par rapport à la société d’aujourd’hui de façon a entraîné plusieurs bouleversements chez lui». Malgré le fait que je n’avais rien planifié d’avance – non je n’ai pas retenu de leçon de l’an dernier -,  j’ai réussi à diriger mon histoire dans la voie où je l’avais imaginé au début. Notre personnage principal, un jeune étudiant montréalais, se nomme Bastien Cartier. Dans ce récit à la première personne, il nous narre son évolution «spirituelle» pourrait-on dire à travers ses rencontres et surtout ses expérimentations dans le domaine des drogues. En biais, on suit l’échange de missives entre celui-ci et Conrad Max,  l’émulateur de tous ces changements.

Par ce simple paragraphe, j’explique bien le titre. Les lettres ont une place significative dans le déroulement des événements et il arrive fréquemment que les mots s’embrouillent et se libèrent du papier. En gros, ça résume une bonne partie de ma motivation vis-à-vis LLQD : j’avais envie de me lancer dans l’épistolaire et à la fois de me permettre une écriture très libertine, cela étant possible ici grâce au côté déjanté du correspondant de Bastien et des hallucinations parfois sans dessus dessous.

Ce n’est pas tout, j’ai pu aborder plusieurs sujets qui me tiennent à coeur. J’ai pu parler d’art et d’amour ainsi que de choses moins roses comme la standardisation, la mondialisation et l’urbanisation. À la base, je voulais consacrer mon 50 000 mots à la dénonciation de ce qui ne me plait pas dans la société actuelle, mais c’est une tâche plus difficile que je ne l’aurais cru. Donc, je laisse le peaufinage à plus tard en ce qui concerne cet aspect. Pour l’instant, je profite de ma paix intérieure et de ma fierté.

Certains de mes amis diront que je n’ai pas à me sentir si fière que ça, pour nombre d’entre eux mon roman parait comme un ramassis de phrases incohérentes et illogiques. Ces commentaires auraient pu me saper le moral, mais je les ai pris en riant. Il faut que je leur concède avec des passages de la sortes :

«Moi qui n’est pas baptisé, j’accueille Moïse en plein juin. C’est à ce moment que je parviens à me lever : je ressens le besoin de chercher des apéritifs pour notre invité d’honneur, mais l’orgie m’assomme, me ligote et malheur… Moïse s’y joint! Ce n’est pas très catholique tout ça, ça doit être le Moïse des juifs. Après que la peur me desserre la gorge, je me mets à rigoler de la scène devant moi. Mon rire est sinueux et contagieux. J’entends des chuchotements en jargon scientifique, mais je saisis bien quelques brèves lignes «Vaccin… contre… ce clown… abdos trop bruyants et puissants… épidémie…» . Je suis libre des cordes du sexe mural et j’effleure le plafond. Sauf que le plancher est plus confortable, on s’embrasse, je l’appelle ma muse. Je hurle qu’il est ma muse parce que je ne comprends pas ce qu’il répond».

Reste que le plus dur pour moi, ce ne fût pas l’avis des autres, mais le manque de temps. Avec 1001 travaux à remettre, mes objectifs de course (que j’ai cruellement mis de côté même si je participe au Color Me Rad le 18 mai) et mon semblant de vie sociale, si je ne m’avais pas transformé en Superwoman, je n’aurais jamais vu le bout. Sans parler qu’au début de la seconde semaine, je me suis tapé un retard de 4000 mots ce qui n’est pas tant mais bien assez pour me stresser pendant un bon moment. Je crois que cette année fût décidément l’année où j’ai été le plus ravie que les congés de Pâques arrivent! Heureusement que j’ai pu m’y reposer puisque lorsque l’on est en manque de sommeil constamment, la motivation déserte rapidement. Pourtant, j’ai fais de mon mieux pour traquer mes réussites en regroupant dans un fichier le meilleur de ce que j’écrivais quotiennement. J’ai même acheter le logiciel Write Or Die pour cesser de procrastiner. Reste que la chasse à la motivation a été très ardue durant tout le mois, ce n’est qu’au cap des 40 000 mots que j’ai attrapé ma proie.

Pour conclure, cette deuxième participation au camp NaNoWriMo d’avril fût aussi enrichissante qu’En 2013. C’était la première fois que je socialisais avec une cabine notamment ce qui s’est avéré agréable.  Tandis qu’à la première occasion, j’étais exaltée, au comble du bonheur, lorsque j’ai tapé «La fin» à mon jet, cette année ce fût un gros soupir de soulagement que je n’ai pu retenir après avoir atteint mon objectif. J’ai survécu, j’ai gagné avec 50 055 mots!

En résumé, si Les lettres qui dansent voit la lumière un jour, attendez vous à un roman épistolaire où se mêle psychédélisme et critique de société dans un décor québécois!