La relecture et vous

Écriture et littérature, Réflexions

Je lis et écris beaucoup, j’adore les mots et ce n’est pas nouveau. Plusieurs romans m’ont marquée dans ma vie. À l’exception de la série Percy Jackson que je dois connaître par cœur, il m’arrive rarement de ressortir un livre des étagères. Je trouve qu’il y a peu d’intérêt à relire un roman, car il y en a encore tant qu’on ne connaît ; on n’aura jamais assez de temps pour tous les lire avant de mourir, mais autant en avoir lu le plus possible! Au contraire, les textes que je compose, eux je les relis souvent. J’adore redécouvrir des vers oubliés, des rimes poussiéreuses et des scènes rouillées.

Quand je me suis mise à la relecture de LPI, mon manuscrit du Camp NaNo de mars 2013, j’annotais pleins de commentaire plus ou moins inutiles. Dernièrement, j’ai décidé de recommencer du début sans m’arrêter pour écrire quelques mots dans la marge ou quoi que ce soit pour me conformer à la première étape Read as a reader de JunkFoodMonkey avec son Editing Receip. Le résultat, mon avis en une seule phrase : «Bravo Ariane, tu as réussi à te dégoûter toi-même, mais tu as de sérieux problèmes avec l’intrigue». Le temps pressait ce jour-là, j’avais un cours le soir et je voulais terminer ma lecture avant de partir, donc j’avais décidé de ne pas m’arrêter pour manger, je suis une fille, donc je suis capable de faire deux choses en même temps. Sauf que manger en lisant des scènes de torture… Ce n’est pas super haha! Tout ça pour dire que cette technique m’a été très utile, car c’est vrai que mon véritable point faible avec mon ébauche de roman, c’est l’intrigue, parce que pondre des scènes glauques, c’est ma tasse de thé.

Lorsque je ne m’adonne pas à une tâche sérieuse – comme travailler sur LPI -, ça m’arrive souvent de procrastiner. Une de mes façons de passer le temps est de flâner dans mes dossiers, me perdre dans mes vieux fichiers word. Depuis que mon meilleur ami m’a offert Office 2013, ce loisir est tellement plus agréable! J’ai toujours été un peu gratte-sous : acheter un logiciel, ce n’est pas mon fort. Alors, j’ai longtemps zigzagué à travers OpenOffice et une version piratée de Word 2003. Les deux n’étant pas compatibles, j’ai souvent dû me trouver des sites de convertisseur. Heureusement que maintenant, Office 2013 ouvre tout! J’adore ça, je marierais presque mon traitement de texte. Donc, je m’adonne régulièrement à la redécouverte de mes anciens poèmes et nouvelles. La plupart du temps, ça me fait sourire. Il y a des phases de ma vie où les mots tombent du ciel, ça crée des choses remarquables en comparaison des moments où les mots sont moins naturels. Je ressors de mes aventures dans le dédale de mes œuvres hétéroclites inspirée et motivée. J’aime voir comment j’ai déjà écrit sur autant de sujet et savoir qu’il m’en reste encore une infinité à parcourir.

Mes carnets remplis de papier barbouillé d’encre me plaisent aussi. Outre le fait que ma calligraphie est souvent douteuse – on dit qu’elle ressemble à celle d’un homme -, je peux parfois trouver des passages réussis. Il reste que je suis moins enthousiaste envers mes feuilles volantes çà et là, parce ce qui est sur papier est fréquemment relier à un souvenir douloureux. Cette semaine par exemple, j’ai redécouvert un poème sur Montréal et celui que j’aimais, en moi bouillonnait une rage qui m’a surprise. Je voulais tout déchirer, mais je me suis abstenue, le poème est joli, il ne mérite pas ce sort.

D’une part, on peut considérer que je suis chanceuse. Je ne suis peut-être pas l’auteure la plus confiante, mais je parviens à aimer ma plume. Je sais que certain déteste ce qu’il compose même si c’est majestueux aux yeux des autres, ça m’évoque mes amies qui dessinent des portraits de fous et elles les cachent, mais pourtant elles sont si douées! Je vous interroge tel que je l’ai faite dans l’article L’influence de nos lectures sur notre style, mais cette fois, avec une nouvelle question : qu’est-ce que vous provoque la relecture?

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